5 décembre 2007

Actualité académique

CESR : la FSU fait adopter un voeu contre la suppression des BEP

Lors de la session plénière du CESR (conseil économique et social régional, organisme consultatif qui dépend de la région) du lundi 3 décembre un voeu a été adopté à l’unanimité sur la question de la suppression des BEP et de la généralisation du bac pro en 3 ans. A utiliser sans retenue dans nos argumentaires.

Historique du voeu :
- Le représentant de la FSU a proposé aux représentants de la CGT à la commission formation du CESR de présenter un voeu en commun sur BEP et Bac Pro. Un voeu bref a été ensuite adopté à l’unanimité de la commission.
- Le bureau du CESR a déclaré recevable ce voeu mais a demandé qu’il soit étoffé par une argumentation qui permette aux non initiés de comprendre.
- Le représentant de la FSU a donc rédigé un voeu plus développé, la commission formation s’est réunie lors d’une interruption de séance, et a adopté la nouvelle version du voeu.
- après plusieurs interventions (dont la FSU) en séance plénière, ce voeu présenté par la présidente de la commission formation a été adopté à l’unanimité du CESR (rappel, le CESR est composé de trois collèges : employeurs, syndicats et monde associatif).
- ce texte ne reprend pas la totalité des positions de la FSU mais la "condamnation" du Recteur tant sur le fond que sur la forme est très claire.

LE VŒU


Session de décembre 2007

Commission "Formation – enseignement supérieur"

VŒU SUR LA REDUCTION DES BEP ET LA GENERALISATION DES BACS PROFESSIONNELS EN 3 ANS EN BRETAGNE

Brusquement, sans concertation, ni négociation, le Rectorat de l’Académie de Rennes a annoncé, à l’occasion d’une rencontre du Recteur avec les chefs d’établissement, la mise en œuvre rapide d’une injonction ministérielle transmise par courrier aux recteurs le 29 octobre 2007. Cette directive demande de s’engager rapidement vers la suppression de 50% des BEP et la généralisation des baccalauréats professionnels en trois ans. Parmi les partenaires mis à l’écart de cette décision, il y a le Conseil régional qui a, de par la Loi, compétence en matière de formation professionnelle.

L’obtention d’un BEP suppose deux années de formation. C’est un diplôme qui valide une formation et détermine une qualification. Il permet soit l’insertion dans la vie active (c’est le cas, en Bretagne, pour la moitié des titulaires du BEP), soit la poursuite d’études avec deux années supplémentaires de formation, vers un baccalauréat professionnel. Dans ce cas, il s’agit d’un parcours vers le baccalauréat professionnel en 4 ans, c’est ce parcours qui constitue, jusqu’à présent, la norme pour l’obtention d’un baccalauréat professionnel.

Le BEP permet, aussi, à certains élèves de se réorienter vers les filières technologiques, grâce à une classe passerelle dénommée « classe d’adaptation », puis de poursuivre vers le supérieur (BTS), ce que permet peu le baccalauréat professionnel (sauf pour les détenteurs d’une mention). La suppression des BEP implique, de fait, la suppression de ces classes d’adaptation.

La réforme proposée par Xavier Darcos, sans aucune discussion préalable avec qui que ce soit, veut généraliser une expérimentation qui a eu lieu depuis 2001 : tester un parcours au baccalauréat professionnel en trois ans à l’issue de la troisième.

Pourtant, le rapport de l’Inspection générale de l’Education nationale sur cette expérimentation, rendu en septembre 2005 (le rapport Prat), est très critique sur le baccalauréat professionnel en 3 ans. Il souligne dans ses conclusions :

« Le parcours en trois ans n’est qu’un élément de réponse qui ne concerne qu’une faible partie des publics ».
« Enfin, il y a lieu de souligner qu’une grande majorité d’élèves ne peut pas suivre un parcours vers un baccalauréat en trois ans au terme du collège et à ce titre ils ne doivent pas être oubliés, en fermant trop rapidement les sections de BEP ».

Cette généralisation de cette expérimentation a pour conséquences :
- la suppression des formations BEP à court terme dans la quasi-totalité des filières tertiaires, industrielles et agricoles.
- Le niveau V maintenu au seul CAP à vocation à insertion professionnelle immédiate.
- Le report de la mise en œuvre en l’état de la réforme du BEP tertiaire.

En outre, la réduction massive des BEP dès la rentrée prochaine modifie radicalement l’architecture des formations professionnelles et technologiques, sur laquelle toute la stratégie régionale emploi formation (SREF) est fondée en Bretagne. La formation professionnelle relève bien d’une compétence du Conseil régional, le Rectorat d’Académie s’est engagé dans la démarche de la SREF.

Au vu de ces éléments, le CESR de Bretagne désapprouve la décision prise brusquement par le Rectorat de réduire massivement les BEP et de généraliser les baccalauréats professionnels en 3 ans.

Ce choix va pénaliser de nombreux jeunes bretons et modifier profondément les structures de l’enseignement professionnel et technologique en Bretagne.

Cette décision prise dans la précipitation et l’opacité la plus totale est inacceptable d’autant que les autorités académiques en Bretagne se sont engagées dans la démarche de mise en œuvre de la SREF.

Le CESR insiste pour qu’une concertation active soit organisée avec tous les acteurs de la formation en Bretagne et, en particulier, entre le Rectorat d’académie et le Conseil régional de Bretagne sur cette question à très forte incidence régionale.