La rentrée 2008 se prépare à nouveau dans un contexte de rigueur budgétaire et de réduction de l’emploi public. Les réformes du système éducatif, impulsées par les audits de Bercy et dénuées de toute considération pédagogique, sont très éloignées de la réalité du métier d’enseignant et de l’intérêt des élèves.

Sans concertation avec les organisations syndicales, l’Etat lance la réforme des bacs professionnels en réduisant leur formation d’une année .

Dans le même temps, pour satisfaire au slogan présidentiel et inciter les enseignants à travailler plus, seule réponse à leur demande massive de revalorisation de leur pouvoir d’achat comme le montrent les grèves du 20 novembre et du 24 janvier, l’Etat transforme des heures postes en heures supplémentaires, pourtant très peu prisées par les professeurs ( moins d’une heure supplémentaire par enseignant dans l’académie).

Les établissements publics du Morbihan n’échappent pas à cette politique budgétaire et doivent rendre des postes. Les conséquences sur les personnels sont tellement mauvaises que des consignes ont visiblement été données pour que les informations arrivent le plus tard possible. Ces pratiques sont inadmissibles.

Pour les collèges, la note est salée avec le retrait de 22 postes soit 2 % des moyens pour 22 élèves de moins ( 52 si on inclut le déficit constaté à la rentrée) soit une baisse de 0,15 %( ou 0,35 %) des effectifs. Le calcul est simple : un poste de moins par élève en moins ! Faudra-t-il bientôt rendre des postes avec des élèves en plus ?

Les structures se resserrent avec la perte de 9 classes entraînant une nouvelle dégradation du E/D ( nombre d’élèves par division) qui franchit la barre des 25 élèves par classe.

Les moyens déjà insuffisants pour aider les élèves et constituer des groupes ( TP, IDD…) sont encore grignotés.

Pour supprimer des postes, on réduit de nouveau la dotation horaire des classes de 6e et des classes du cycle central ( 5e et 4e ) sans modification officielle des arrêtés de 2002 et de 2006. Ainsi les 2 heures d’aide en 6e et la ½ heure restante en 5e et en 4e deviennent soumises au bon vouloir d’un enseignant qui accepterait des heures supplémentaires.
La même méthode est appliquée en lycée pour récupérer des postes avec les heures de TPE et d’aide individualisée. Des élèves pourraient ne pas être préparés à l’épreuve du Bac si ce dispositif était maintenu.

De tels dispositifs seront forcément des sources d’inégalités entre les élèves d’un établissement ou entre les établissements face aux difficultés scolaires.

L’absence de bonnes volontés pourrait conduire des établissements à externaliser des fonctions de l’Etat vers des intervenants extérieurs ( associations ou collectivités locales) en utilisant des fonds publics. Certains établissements avec beaucoup de zèle auraient d’ailleurs déjà ouvert leurs portes à des intervenants extérieurs dans le cadre de l’accompagnement scolaire. Nous ne pouvons que condamner ces pratiques qui se substituent sans vergogne à des compétences et des attributions des personnels de nos établissements.

La défense du service public n’est pas dans ce cas assurée avec la même détermination ni avec la même obligation de service des fonctionnaires.
Après avoir facilité le développement des officines privées l’Etat franchit un pas de plus vers la privatisation de l’aide aux élèves au lieu d’utiliser les compétences de ses agents.

Le retrait de ces heures aura des conséquences directes sur les personnels ( suppressions de poste et ré-affectations difficiles, augmentation des compléments des service ) et sur les équipes pédagogiques de plus en plus éclatées.
La concertation indispensable pour cerner les difficultés et l’aide aux élèves sera de plus en plus difficile.
Le nombre d’adultes dans les établissements va encore diminuer alors que les conditions de vie et d’enseignement ne cessent de se dégrader. Il serait intéressant de ce point de vue d’avoir une évolution des incidents et des conseils de discipline depuis quelques années dans les collèges.

La FSU demande l’annulation des transformations de postes en heures supplémentaires et le rétablissement des heures d’aide dans la dotation des classes de 6e , 5e et de 4e.

Nous exigeons au contraire le développement d’un emploi public qualifié permettant de répondre aux besoins des élèves et de garantir l’égalité de traitement de la difficulté scolaire dans tout le département.

Nous profitons aussi de ce CTPD pour dénoncer les violences policières totalement disproportionnées dont ont été victimes les jeunes lycéens dans la cité administrative de Vannes en marge de la manifestation du 24 janvier. Ces jeunes qui manifestaient pour leurs idées et leur avenir, et qui pourraient être de dignes enfants de Guy Môquet, auraient mérité davantage de considération que des coups de matraque.