21 mars 2012

Actualité académique

Morlaix congrès académique SNES 20 et 21 mars

les textes adoptés (réservés aux adhérants)


Le secrétariat académique tient à remercier les militants du SNES 29 qui ont longuement cherché un lieu et organisé ce congrès, et tout particulièrement un actif retraité, Daniel Ravasio.

Je salue Anne Feray, secrétaire nationale qui nous accompagne pendant ces deux jours, comme le veut l’usage des congrès académiques.

Ce congrès académique se tient exceptionnellement 3 ans après le précédent, élections professionnelles obligent, qui ont imposé l’annulation l’an dernier du congrès national de Marseille. Notre congrès prépare les débats du congrès de Reims du 2 au 6 avril. Le SNES aura donc au moins réussi à transformer le pastis en champagne, une victoire syndicale qui ne profitera pourtant qu’à 15 personnes parmi nous, celles désignées pour Reims demain soir à la clôture du congrès académique, en plus de Patricia, membre de droit au titre de la CA nationale.

Ce congrès national, décalé finalement d’un an, coïncide avec un autre temps fort démocratique : les élections présidentielles et législatives.

Le SNES et la FSU ont réussi à imposer dans la campagne présidentielle les questions éducatives : moyens, recrutement, formation des maîtres -initiale et continue- , évaluation, carrières, salaires et projet éducatif...

Les candidats avancent leurs propositions de part et d’autre mais le président/candidat continue de mener jusqu’au bout une politique de casse de l’École :

  • Textes sur l’évaluation reproposés une nouvelle fois au CTM, comité technique ministériel, du 15 mars mais rejeté à l’unanimité, cette fois, par les organisations syndicales. Anne, élue FSU au CTM nous en reparlera.
  • Loi Grosperrin, votée en procédure d’urgence avant la fin de la session parlementaire, pour faire disparaître les IUFM du code de l’Éducation et tenter ainsi de mettre en conformité les textes invalidés par le Conseil d’État sur la formation des maîtres.
  • Volonté de sortir les jeunes les plus en difficultés en fin de cinquième, vers l’apprentissage.
  • Mise en place du SPO-TLV, service public d’orientation tout au long de la vie, avec un processus de labellisation d’organismes ou d’associations pour « faire du conseil en orientation », menaçant de fait les interventions des COPsy auprès des élèves.
  • Formation continue des adultes, avec la loi Warsmann, entraînant la transformation des GRETA en GIP, groupement d’intérêts publics, déconnectant formation initiale et formation continue des adultes et éloignant la formation pour adulte des missions du service public.
  • Rentrée 2012 avec -14 000 emplois dans l’EN, dont - 6 500 dans le second degré avec pourtant + 25 000 élèves, -5 700 emplois dans le 1er degré, - 400 emplois administratifs, et – 1 350 dans le privé (1er et 2nd degré) là où l’application du rapport 80/20 entrainait logiquement 2 800 suppressions d’emplois (n’en déplaise d’ailleurs à certain candidat à la présidentielle, il est faux de laisser croire que le privé et le public ont subi, chacun pour leur part, les mêmes retraits d’emplois : le privé n’a pas été autant touché).
  • Affectations sur poste Eclair en dehors de toute règle paritaire et sur avis exclusif des chefs d’établissement
  • Délai de carence depuis le 1er janvier 2012, qui entraîne une perte de salaire pour un arrêt de maladie.
  • Loi sur les non titulaires qui n’est pas à la hauteur des attentes et espoir suscités chez nos collègues contractuels.
  • Chasse aux sans papiers qui s’est intensifiée ces dernières semaines. Les militants de la FSU engagés dans RESF sont d’ailleurs très présents dans chacune des mobilisations aux côtés des familles et des élèves expulsables.

Autant d’attaques du gouvernement qui font que depuis l’automne 2010, la lutte ne s’est pas interrompue dans l’Éducation Nationale après le mouvement sur les retraites. Comme le dit Bernadette Groisson, « il n’y a pas eu de trêve syndicale ».

D’autres secteurs ont aussi été très mobilisés dans le cadre interprofessionnel, ceux fortement touchés par les licenciements et les délocalisations.

Avec pourtant 8 millions de pauvres et 10% de la population active au chômage, la crise a servi de prétexte à des plans d’austérité, fuites en avant libérale vers des politiques anti-sociales pour démanteler entre autres notre modèle social et les services publics. C’est pourquoi la FSU appelait à participer à la mobilisation européenne du 29 février contre l’austérité imposée par les gouvernements libéraux européens.

Ces derniers mois ont aussi été marqués par des grèves dans l’Éducation nationale, le 15 décembre pour le retrait des textes Chatel sur l’évaluation, les 101 mobilisations du SNUIpp pour s’opposer à la carte scolaire dans le premier degré, le 31 janvier la manifestation nationale à Paris toujours contre les textes Chatel et les conditions de rentrée catastrophiques.

C’est bien la responsabilité de la FSU et du SNES de mobiliser dans l’EN et le second degré : les élections professionnelles, en dépit de l’organisation calamiteuse voulue par Chatel, ont réaffirmé la confiance des collègues, plaçant la FSU première fédération dans l’EN et le SNES premier syndicat dans le second degré. La moindre participation (la participation subit une perte d’environ18 points par rapport au dernier scrutin à l’urne en 2008) ne bouleverse pas les résultats : le SNES et la FSU restent largement majoritaires chez les personnels et creusent l’écart avec les autres organisations syndicales dans l’académie.

Les accords de Bercy, entraînent une nouvelle organisation du dialogue social, les CTPA devenant CTA, comités techniques académiques, les CTPD devant CTSD, comités techniques spéciaux départementaux. Les CHSCT, comités hygiène et sécurité et conditions de travail Académique ou départementaux, vont aussi être installés dans quelques semaines.
Absence du paritarisme dans ces CT, possibilité de signer des accords majoritaires, vote unanime contre qui impose à l’administration une réouverture des discussions et une nouvelle convocation du comité technique, entraînent aussi une nouvelle donne pour les représentants élus du personnel dans ces instances, entre autres avec des nécessités d’alliance avec d’autres organisations.

Dans l’immédiat, à l’occasion de l’adoption des règlements intérieurs particulièrement contraignants, l’administration essaie de limiter les droits des élus, en interdisant les interventions des suppléants, en limitant les questions nécessitant par un vote, de prendre l’avis des élus. Dans le même temps, dans certains établissements, de nombreuses entraves sont mises par les CE à l’information et à la mise en débat et au vote des dotations avec les élus du personnels dans les CA.

Les CTSD se sont tous tenus la semaine passée sur la carte scolaire second degré, l’un sera d’ailleurs reconvoqué jeudi prochain. Les S2 nous en diront davantage tout à l’heure. Le CTA se tient lui vendredi après midi.

La rentrée 2012 dans l’Académie, c’est plus d’élèves (2 600 de plus en collège et LGT) et 60 ETP de plus, là où il en faudrait 160 pour maintenir le h/e actuel déjà parmi les plus bas en France. Le rectorat se satisfait de ne perdre que 55 emplois qui je cite, ne sont pas des emplois d’enseignants, -30 emplois d’assistants étrangers et – 25 pour les vacations et étudiants master 2.

L’académie, première des académies métropolitaines pour son évolution démographique dans le second degré, aura perdu depuis la rentrée 2008, 413 ETP pour 7 300 élèves de plus. C’est l’équivalent des DGH de 7 lycées de 850 élèves qui a été supprimé en 5 ans, pour, je le répète, 7 300 élèves de plus.

La rentrée 2012 ce sont au global 244 emplois supprimés en Bretagne : 10 emplois administratifs, 55 dans le second degré je le disais, 179 emplois dans le premier degré particulièrement sur les Rased.
 Des effectifs toujours plus importants... en collège où les divisions atteignent 30 élèves, au lycée où les sur-affectations, ces affectations au delà des capacités d’accueil, sont forcées par les IA,

  • Des regroupements de séries au lycée autour des enseignements du tronc commun,
  • La réforme de l’enseignement technologique STI2D et STMG à la rentrée,
  • Et bien sûr la suppression ininterrompue des options...

Voilà les principaux leviers académiques choisis par le Recteur pour le second degré.

La voie professionnelle n’est pas épargnée et la fin des doubles cursus Bac pro 4 ans et bac pro 3 ans justifie pour l’administration le retrait de 45 emplois en LP. Les séries professionnelles peinent aussi à se remplir, malgré des consignes aux principaux de collèges pour s’assurer d’un flux d’élèves vers la voie pro et une promotion du rectorat pour favoriser la poursuite d’étude en BTS. Sans nul doute, les bagarres pour le respect des choix d’orientation des familles, la diversification des formations et la valorisation de la voie technologique seront à renforcer dans les prochaines semaines.
De nombreuses formations seront fermées à la rentrée en LP, mais le combat des équipes a déjà permis plusieurs maintiens de formation. Les collègues du Morbihan et particulièrement de Colbert étaient d’ailleurs en grève hier et rassemblés au rectorat pour la défense du Bac Pro Technicien d’Usinage, dont la fermeture est annoncée dans le public mais pas dans le privé à côté !

La pression des effectifs dans les LGT et collèges doit aussi être entendue par les collectivités territoriales pour programmer sans attendre la construction de nouveaux établissements. La FSU Bretagne multiplie les initiatives pour alerter les élus.

Établissements saturés, classes surchargées, et des vies scolaires qui n’ont pas de moyens nouveaux pour fonctionner au quotidien : pas plus d’infirmière sur le terrain, pas plus d’ASEN ou de CPE, qui subissent chaque année un peu plus les services partagés.

Le congrès de Reims sera donc un moment fort de notre vie syndicale, placé sous le signe de la reconstruction. La FSU revendique un nouveau Pacte Éducatif, passant par une loi d’orientation et une loi de programmation pour définir les priorités de l’École et définir ensuite les moyens indispensables à la réussite de tous les élèves. Pour le second degré et le SNES plus spécifiquement, reconstruire :

  • c’est réfléchir à un système éducatif plus juste, mieux adapté à notre société de la connaissance
  • ce sont des statuts des personnels, des métiers, des missions à affirmer dans un travail que nous voulons plus collectif
  • ce sont des recrutements et des personnels formés
  • c’est reconstruire un ordre économique, social, environnemental, avec une exigence démocratique, européenne et mondiale comme le revendiquent les peuples opprimés.
  • c’est repenser l’outil syndical, reconstruire les rapports de force, les relations du syndicat aux collègues et redonner confiance en l’action collective.

Reconstruire c’est aussi réfléchir aux mesures transitoires pour contrer les réformes que nous contestons sans relâche : réforme du lycée, école du socle et LPC, mastérisation et suppression de la formation professionnelle des enseignants et CPE, évaluations des personnels, fin de carrière...

C’est dans ce cadre que le SNES défend un plan d’urgence pour la rentrée 2012 passant par les salaires, les recrutements et la formation initiale.

Pour ce congrès, le secrétariat académique avec les rapporteurs des 4 thèmes, en plus d’avoir travaillé tout à la fois sur cette reconstruction indispensable et sur les mesures transitoires, souhaite faire entendre au congrès de Reims une petite musique bretonne...

Le fonctionnement cohérent et constructif de la FSU-Bretagne (je salue d’ailleurs le coordonnateur régional Jean-Luc Le Guellec), nos actions continues autour des enseignements technologiques (le colloque organisé le 1er décembre, les rencontres régulières avec la région, le moratoire obtenu du rectorat sur les suppressions de postes), les stages et formations syndicales développées depuis des années sous l’impulsion de Michelle Carmès, en partenariat à l’occasion avec la FSU Bretagne, et bien sûr les langues régionales...

Alors à tous, nous vous souhaitons un bon congrès au cours de ces deux jours, dans cette auberge qui aura de nombreux bienfaits, et certainement celui de la jeunesse !

G. Le Paih