12 janvier 2017

Actualité académique

Rentrée 2017 en Bretagne : le réseau privé se referait-il une santé ?

Rentrée 2017 en Bretagne : le réseau privé se referait-il une santé (...)

Le rectorat de Rennes a dévoilé les prévisions d’effectifs pour la rentrée 2017. La tendance amorcée à la rentrée 2016 est confirmée : le réseau privé gagnera pour une seconde année consécutive plus d’élèves que le réseau public.

A la rentrée 2016 et pour la première fois depuis des années, la progression des effectifs dans le 2nd degré privé (+1600 élèves) a été supérieure à celle du public (+1071). Pour la rentrée 2017, le réseau privé maintiendrait cette avance avec 1991 élèves supplémentaires contre 1437 pour le public.

En lycées généraux et technologiques, depuis 2013 les augmentations sont toutefois favorables au réseau public avec 6000 élèves supplémentaires sur 5 ans (2013/2017) contre 3263 dans le privé. Mais le retard pris par la Région Bretagne pour accompagner la hausse démographique avec des extensions et de nouvelles constructions de lycées publics a permis au réseau privé de réduire l’écart, jouant du manque de place dans le public. Ainsi à la rentrée 2017, +603 élèves sont attendus dans les lycées privés et +662 dans les lycées publics. La FSU reste mobilisée pour que la construction des lycées publics de Ploermel (56) et de Liffré (35) n’accuse plus aucun retard.

En collège et malgré les discours du gouvernement sur la laïcité, le réseau privé catholique a poursuivi sans contrainte son développement depuis 5 ans (2013/2017) avec +2084 élèves supplémentaires contre +717 dans le public. L’accélération aux rentrées 2016 et 2017 est d’ailleurs notable (+1649 élèves contre -44 pour le public) !

Plus finement, les prévisions pour la rentrée 2017 dans les Côtes d’Armor annoncent cependant un rebond du public à l’entrée en 6e (+234 contre +26 en 6e du privé), preuve s’il en fallait qu’une meilleure densité du réseau permet aux collèges publics de s’imposer sans difficulté. Pour l’Ille et Vilaine, la tendance est proche (+256 contre +193 en 6e privé) mais freinée par le manque de places dans les collèges (40 élèves n’ont pas trouvé de place dans les collèges publics à la rentrée 2016). En revanche, dans le Finistère (+146 élèves en 6e public contre +185 en 6e privé) et surtout dans le Morbihan (+80 élèves 6e public contre +287 en 6e privé) les prévisions à l’entrée en 6e restent favorables au réseau privé.

Outre une implantation forte du privé dans l’académie, des choix politiques, portés de longue date dans la région par de nombreux élus, affaiblissent le réseau public. Le SNES-FSU dénonce tout particulièrement la fermeture de 4 collèges publics sur 2 ans (Kérichen Brest, Commana, Montaigne Vannes, Surcouf St Malo), l’absence d’écoles, de collèges et de lycées publics sur des territoires (St Avé et Guidel, deux communes du Morbihan de plus de 10 000 habitants, sont sans collège public mais ont chacune un collège privé !), les resectorisations précipitées de la carte scolaire qui favorisent le réseau privé (à Pluneret toujours dans le Morbihan, un projet est particulièrement exemplaire).

De plus, le réseau public a été grandement fragilisé par les réformes imposées aux personnels quand l’enseignement privé disposait lui de certaines libertés. Ainsi l’an dernier, le rectorat, pour afficher un plan d’accompagnement des professeurs, a désorganisé les collèges publics. Et surtout, comme le souligne le Ministère, dans une brochure remise aux parents en juin sur la réforme du collège, « L’organisation des horaires peut varier dans les collèges privés ». Comment ne pas mieux encourager des parents à la recherche d’une offre de formation diversifiée et soutenue à se tourner vers le réseau privé catholique ?

Le SNES-FSU exige des moyens pour accueillir tous les élèves qui le souhaitent dans le public : il est inacceptable que des familles qui font le choix de l’école publique gratuite et laïque, en soient réduites à se tourner vers le réseau privé catholique, faute de place ou d’établissement à proximité dans le réseau public. C’est aussi une autre réforme qu’il faut pour le collège, respectueuse des personnels et des disciplines et encourageant une réelle mixité sociale dans les établissements.