Etaient présents : le recteur, les IPR, l’IA adjoint du 22, 2 chefs d’établissements, un IG, 2 représentants de la FCPE, 2 membres du CESR [1], les 3représentants FSU et la vice présidente du CG 35 chargée des affaires scolaires.

En introduction,

le SNES a regretté l’absence des politiques et aussi le fait que nous n’ayons pas eu de documents préparatoires. A noter que le CESR et le SNES avaient réclamé ces documents. Ou le CALV(E) [2]
est une chambre d’enregistrement ou il peut servir à tous pour réfléchir à la politique académique des langues. Si c’est la deuxième hypothèse, il faut que chaque participant puisse avoir les infos nécessaires pour la réflexion.

A noter lors de ce CALV, la présence de l’Inspecteur Général d’arabe, Mr Levallois qui avait été invité par le Recteur.

I - La carte académique des langues.

On nous a présenté un power point avec plein de chiffres intéressants qui ont confirmé que la diversité était devenue presque un mirage au moins à l’école primaire. L’explication de l’administration est qu’on ne peut pas aller contre la volonté collective "

Il y a trois langues en LV1 dans les pôles urbains :

Anglais (257571 élèves) ; Allemand (8595 élèves) ; Espagnol (1061 élèves) et un peu plus de diversité en LV2 :

99% des élèves choisissent soit espagnol, allemand, anglais, italien par ordre décroissant ; 1% des élèves choisissent une autre langue.

A noter un recul de 40% de l’allemand entre 1994 et 2007.

Le SNES a regretté qu’on ne puisse pas avoir une carte qui aurait montré la disparité géographique et le vide de l’offre de diversification dans les zones rurales. Il a aussi souligné que l’état actuel de non diversification dans le primaire était la conséquence du choix fait par le ministère d’imposer la langue vivante comme une discipline à part entière avec des programmes (en 2002) et qu’à partir de ce moment là, les parents ont fait le choix de l’anglais. Avant, il y avait une grande diversité de langues et le professeur des écoles qui maîtrisait l’espagnol, l’occitan ou l’arabe en faisait bénéficier ses élèves. Maintenant, les professeurs des écoles enseignent l’anglais, langue qu’ils maîtrisent plus ou moins comme beaucoup d’enseignants le reconnaissent eux-mêmes. Donc, cette chute de la diversification dans l’enseignement primaire nous semble une catastrophe qui aurait pu être évitée. Nous avons fait référence au rapport du sénateur Legendre sur cette question.

L’administration a souligné que les professeurs des écoles ont désormais une meilleure formation en langues.

L’IA 22 (Mr Bourget) a dit que les familles étaient informées par un courrier et qu’elles étaient invitées à découvrir la langue du pôle mais que cela hélas n’enrayait pas la chute de l’allemand.

Ce qui a permis de stabiliser l’allemand dans l’académie, ce sont :

les classes bilangues au collège.

Il y a 169 classes bilangues de 6e :

a) 101 anglais + autre soit : - 82 anglais allemand

- 12 anglais espagnol

- 5 anglais italien

- 2 anglais russe

b) 58 allemand anglais

c) 10 espagnol anglais

L’italien se porte bien dans l’académie.

Quant au chinois, il y a 1600 élèves dans 24 établissements. Il y a 25 enseignants (2 titulaires ; 23 vacataires) et un chargé de mission.

A Emile Zola (Rennes), il y une classe d’études orientales et à la Poterie (Rennes). Le SNES a fait remarquer que le Rectorat ne pouvait se lancer dans le développement de l’enseignement du chinois sans se poser la question du recrutement d’enseignants titulaires

Les sections européennes :

Il y a 270 sections européennes : 152 dans le public et 118 dans le privé. Il y a plus de diversification dans le public.

Il y a expérimentation de l’enseignement d’une DNL* en langue étrangère dans 25 collèges de l’académie.

Il y a 2 sections internationales dans l’académie ; il y en aura une troisième en 2008 avec enseignement du chinois. Dans ces sections l’objectif visé par le bac est C1

Allusion aussi à Abi bac : double bac (allemand ; français)

Débat :

Le SNES a posé la question de l’enseignement de la LV2 en BTS et en lycée professionnel d’autant que le relevé de conclusions sur la réforme des bacs pro prévoit que les élèves de la voie professionnelle puissent intégrer les BTS. Pas de réponse, il faudra l’attendre.

En ce qui concerne les fermetures, nouvelle demande du SNES de ne pas fermer immédiatement une classe quand l’effectif baisse mais attendre un ou deux ans. C’est la politique qui serait menée a répondu l’administration.

Le SNES a posé aussi le problème du financement des sections européennes Celles ci sont financées sur les fonds propres de l’établissement, ce qui est discutable. Le recteur défend l’autonomie des établissements et la possibilité qu’ils ont d’ouvrir une section européenne sur fonds propres. (DGH)

Le SNES a rappelé que les sections européennes sont des sections dans lesquelles les élèves sont souvent d’origine sociale favorisée et qu’on ne peut accepter que ces sections soient financées au détriment d’autres enseignements.

A une demande de clarification par le SNES sur l’expérimentation des sections européennes au collège, les IPR ont explicité la circulaire du recteur du 25 mars 2008 qui propose que dans les établissements où existe un ou plusieurs professeurs de DNL [3] habilités, il était possible d’ouvrir une section européenne sur fond propre de l’établissement. Ils ont précisé qu’il y avait une grande souplesse laissée aux établissements : la DNL en langue étrangère peut être dispensée en 4e et en 3e ou seulement en 3e. Toutes les disciplines peuvent faire l’objet de la DNL. Il suffit qu’un collègue ait une certification complémentaire.

Mr Monlaurent proviseur de V et H Basch à Rennes a regretté que dans la section internationale de son lycée, il n’y ait pas plus d’élèves issus des zones rurales. Il a parlé d’un empêchement d’ambition d’origine sociale notamment.

La FCPE a souligné que c’est le dispositif anglais allemand dans les classes bilangues qui marche le mieux. Elle a fait allusion aux études qui auraient été faites et qui prouveraient que les élèves dyslexiques apprendraient plus facilement l’allemand que l’anglais.

II - Mise en oeuvre du plan de rénovation de l’enseignement des LV

L’administration s’est félicitée du bon fonctionnement des réseaux de mutualisation depuis 2 ans. Dans ces réunions qui se tiennent au niveau des bassins, il y a des professeurs référents et un modérateur. Les professeurs référents forment ensuite leurs collègues. Ces réseaux de mutualisation permettent des innovations linguistiques. Ils ont permis aux professeurs référents de « se familiariser et de s’approprier le cadre européen ».

Ils permettent un développement de l’esprit de mutualisation.

Les moyens attribués sont : 15+300 HSE par bassin

Le SNES ne partage pas l’optimisme de l’administration en ce qui concerne l’appropriation du cadre européen par les professeurs référents. Il semble que ce travail ait permis une familiarisation mais pas une appropriation. Quant aux autres professeurs qui ne sont pas référents, ils doivent faire le travail tout seuls dans les établissements et leur détresse est souvent très grande, notamment cette année, compte tenu de l’évaluation de A2 en 3e.

Les IPR ont reconnu qu’en effet, ils avaient constaté une grande angoisse chez les collègues de langues.

L’introduction du cadre européen représente une véritable révolution dans l’enseignement des langues vivantes et les collègues sont profondément déstabilisés face à ce changement radical d’autant qu’ils manquent de formation. Il y a un danger que les objectifs des langues vivantes changent radicalement, précédemment les objectifs visés étaient linguistiques, culturels, de communication. Si le Cadre européen ne reste pas seulement un outil, il y a risque d’évacuation des objectifs culturels et du sens.

Mr Levallois a rappelé que le Cadre européen n’était qu’un étalon, un outil et que ce qui devait prévaloir, ce sont les programmes d’enseignement. Le Cadre européen n’est qu’un descripteur de compétences à atteindre. Cette distinction est fondamentale et il convient de la rappeler à tous les enseignants.

Le Recteur a reconnu qu’il fallait faire un effort au niveau de la formation continue.

Evaluation :

Des évaluations ont eu lieu fin CM2 + fin 6e

Des certifications européennes en seconde des classes européennes (financées par l’Etat) et en terminales des sections européennes (financées par la Région).

A2

Les IPR ont rappelé le lien entre DNB et socle commun, que pour obtenir A2, les 5 compétences devaient être évaluées.

Ils ont reconnu que cette année, la mise en place du dispositif avait posé problème, que le message avait été brouillé, que les informations avaient été tardives, qu’il y avait eu un changement d’orientation en cours d’année, que dans un premier temps, il avait été dit qu’il n’y aurait pas compensation entre les différentes compétences langagières. Ils ont parlé de disparité entre les établissements.

35 976 élèves sont concernés :

- 5% ont choisi l’allemand
- 65% l’anglais
- 29% l’espagnol

Il y aura un jury départemental qui se tiendra le 7 juillet. Il y aura une visioconférence pour une harmonisation entre les jurys de l’académie. Les jurys étudieront les documents transmis. Ils tiendront compte des évaluations mais aussi du contexte particulier de cette année.

Pour l’après, pas de décision ministérielle. L’élève gardera-t-il par exemple le résultat obtenu : compétences orales mais pas écrites ou le contraire ?

Au positif, selon l’administration, ces évaluations auront des conséquences positives sur l’évaluation des langues vivantes au collège.

Le représentant du CESR* a parlé de loupé, a dit qu’on avait mis la charrue avant les boeufs.

Le SNES a exprimé son indignation par rapport à tout ce qui s’est passé et a rappelé la pétition qui a obtenu plus de 600 signatures dans l’académie, les voeux aux CSE [4] qui n’ont pas fait reculer le ministère. Ce dernier a traité avec beaucoup d’irrespect les élèves, les familles et les enseignants qui ont vécu avec beaucoup d’angoisse toute l’année.

Mr Levallois a rappelé que la dernière note de la DGESCO et de l’Inspection Générale permettait une compensation entre les compétences de l’écrit et entre les compétences de l’oral. Il a souligné aussi que cette évaluation était anticipée et qu’elle n’aurait pas dû avoir lieu avant 2010, date à laquelle tous les programmes de collège seront mis en oeuvre.

III - Ouverture internationale : question présentée par Mr Brossard. Voir CR officiel

Présentation des dispositifs Socrates, comenius, assistanat….

Débat :

Le SNES est revenu sur la question des certifications pour avoir des précisions. Les IPR ont dit qu’il y avait en effet deux dispositifs : des certifications dont peuvent bénéficier les élèves de 2nde des sections européennes. Ces certifications sont payées par l’état qui a signé une convention avec des organismes faisant partie de ALTE [5] ; des certifications dont peuvent bénéficier les élèves de terminale de sections européennes. Ces certifications sont financées par la Région. Les élèves ne payent que 15 euros.

Les IPR ont parlé d’un marché public qui sera signé à l’automne 2008 pour un contrat de 3 ans.

Le SNES a rappelé que les certifications ne pouvaient être financées que pour les élèves de classes européennes, qu’il y avait un danger qu’à terme ces certifications se substituent aux diplômes, que les certifications n’évaluaient pas les compétences culturelles.

Thérèse Jamet-Madec