le chiffre du jour


Conseil Académique de l’Education Nationale

Jeudi 6 décembre 2008, Rennes.

Déclaration préalable de la FSU

La FSU est profondément scandalisée par les méthodes de gouvernance de l’Etat et, en particulier, de la DRAF, du ministère de l’Education nationale et tout spécialement de notre rectorat d’Académie ; En matière de rupture, nous sommes particulièrement servis, puisque le dialogue social est effectivement rompu.

Pour la première fois, aucun CTPA de bilan de la rentrée passée n’a eu lieu, les procédures de préparation de la rentrée 2008 sont déjà très engagées sans qu’aucune consultation n’ait eu lieu. Volonté de passage en force conjugué au règne de l’opacité génèrent des pratiques inédites.

Ainsi, le Recteur d’académie refuse un vote à bulletin secret lors du conseil d’administration de l’IUFM à l’occasion de l’examen de l’intégration de l’IUFM à l’Université.

Ainsi, nous venons d’apprendre que le ministère donne la consigne de différer l’examen de la carte scolaire du premier degré après les élections municipales. C’est la première fois qu’un calendrier scolaire est modifié en raison d’une échéance électorale.

Ainsi, une réduction massive des BEP et la généralisation des baccalauréats professionnels en trois ans sont décidées sans la moindre concertation avec qui que ce soit, pas même avec la Région qui a pourtant compétence en matière de formation professionnelle ; Nous partageons l’appréciation du Président du Conseil régional qui parle à ce propos de diktat.

Ces mesures portant sur les BEP et les baccalauréats professionnels s’inscrivent dans une politique gouvernementale à deux dimensions. La première, relève de la volonté de supprimer massivement des postes (11 200 en moins à la rentrée prochaine, 70 000 en moins sur la durée du mandat présidentiel) ; la seconde, est le projet d’une reforme de grande ampleur du système éducatif que le gouvernement veut faire passer en force.

Concernant la suppression programmée des BEP et la généralisation du bac pro en 3 ans, les conséquences sont connues de tous :
- la suppression des formations BEP à court terme dans la quasi-totalité des filières tertiaires, industrielles et agricoles.
- le niveau V maintenu au seul CAP à vocation à insertion professionnelle immédiate.
- le report de la mise en œuvre en l’état de la réforme du BEP tertiaire.
La mission du service public de l’Enseignement Professionnel consiste à accueillir l’ensemble des élèves orientés vers cette voie afin de leur assurer un niveau de qualification le plus élevé possible. L’accueil en BEP des élèves de classe de troisième permet souvent, malgré des difficultés réelles, une orientation positive en plaçant nombre des élèves en situation de réussite. La suppression des sections de BEP ne peut qu’entraîner un accroissement des sorties sans qualification du système éducatif car de nombreux élèves ne pourront accéder à un Baccalauréat Professionnel en trois ans au lieu de quatre actuellement. Cela d’autant que les exigences de ces bacs pro devraient être augmentées pour permettre, selon le ministre, une poursuite massive d’études en BTS et DUT. Cela risque d’aboutir à une fusion des voies technologique et professionnelle.

Ce dispositif fait fi des élèves en difficulté dont l’avenir ne saurait se régler dans des sections de CAP, qu’il soit à vocation sociale ou à vocation qualifiante. Le fait de pouvoir passer un BEP à l’issue de la 2e année du Baccalauréat Professionnel en 3 ans, ne saurait remplacer une formation effective et spécifique à ce diplôme et n’est une solution ni acceptable ni appropriée aux sorties du système éducatif, qui s’accentueront.
La FSU considère indispensable le maintien des sections de BEP dans les Lycées Professionnels car elles sont l’un des maillons essentiels au sein d’une filière de formation complète. Ils rappellent leur attachement au Baccalauréat Professionnel après 2 années de formation qualifiante en BEP. Ils rappellent également leur refus d’orientation précoce avant la 3e.
Comme on vient de le dire, la décision ministérielle est à relier à la volonté de réduire considérablement le nombre de personnels à l’éducation nationale et dans l’enseignement agricole et aux projets concernant les lycées généraux et technologiques (réduction du nombre de filières et d’options, regroupements, …) qui devraient être connus en janvier. Mais nous savons que le Rectorat, comme la DRAF, connaissent le niveau des moyens en postes supprimés, le moins qu’on puisse attendre d’un comportant démocratique serait de nous informer de la réalité des coupes qui servent de base à la préparation de la prochaine rentrée
La FSU se félicite de l’unité syndicale réalisée autour de cet enjeu ainsi que de l’unanimité réalisée dans l’adoption par le CESR d’un voeu désavouant tant sur le fond que sur la forme les décisions prises. Chacun a bien compris qu’il s’agit de l’avenir des jeunes de notre région.


voeu adopté par le CAEN :


Le Conseil Académique de L’Education Nationale
 [1]reprend à son compte le voeu du CESR relatif à la réduction du nombre des BEP et à la généralisation du baccalauréat professionnel en trois ans.
Il demande le retrait de la note du ministre de l’Education Nationale adressée aux Recteurs le 29 octobre 2007.

Voeu adopté ( 24 voix pour, 4 abstentions)


Info Flash n°2 (27 novembre 2007)

Signez la lettre ouverte au président