
Au cœur de l’été, François Bayrou a choisi de présenter ses orientations budgétaires pour 2026.
Ce « moment de vérité » voulu par le premier ministre ne révèle en réalité qu’une chose : sa volonté de ne pas remettre en cause la politique menée depuis 2017, faire payer aux plus pauvres les cadeaux fiscaux attribués aux plus riches. Pour diminuer le déficit public de 43,8 milliards d’euros en 2026, il s’agit de tailler à la hache dans les dépenses en imposant une année blanche, un gel des dépenses de l’état et de nouvelles suppressions de postes qui frapperont en premier lieu l’éducation nationale. S’y ajoute, parmi d’autres mesures symboliques, un nouveau « travailler plus pour… » travailler plus ! avec la suppression de deux jours fériés… Mais combien parmi ces mesures verront effectivement le jour ? François Bayrou, pas plus que son prédécesseur, ne dispose d’aucune majorité pour faire adopter son budget, il risque donc de subir à l’automne le même sort que Michel Barnier. La suite restant encore plus incertaine…
Dans l’éducation nationale, la circulaire de rentrée d’Elisabeth Borne a également été publiée tardivement en juillet. On peut y voir un effet de ses circonvolutions autour du « choc des savoirs » et des groupes de niveau en Sixième et Cinquième qui sont maintenus cette année en attendant d’être supprimés l’an prochain, ayant fait la preuve de leur inefficacité. Mais la circulaire dessine aussi les contours d’un métier corseté. Les nouveaux programmes de collège, comme la réforme de la formation initiale qui se met en place cette année avec le concours avant la fin de la licence, sont conçus pour faire des enseignant
es des exécutant es de bonnes pratiques, devant rendre des comptes sur les résultats de leurs élèves.Face à un premier ministre affaibli, il est essentiel de construire sans attendre un rapport de force qui permette de peser pour obtenir d’autres arbitrages. C’est ainsi que certaines mesures ont été écartées à la suite de mobilisations, comme les trois jours de carence en décembre dernier. Le SNES-FSU travaille en intersyndicale pour construire dans la durée les mobilisations nécessaires. Dans l’immédiat, se syndiquer ou se re-syndiquer constitue déjà une première étape.
Matthieu Mahéo secrétaire général du SNES-FSU Bretagne
Rennes, le 17 août 2025
Extrait du SNES Bretagne n°173, en cours d’impression et d’acheminement chez les adhérent es.