Monsieur le Recteur,

A l’occasion du premier CTA que vous présidez dans l’académie de Rennes, vous permettrez à la FSU de
vous souhaiter la bienvenue.

La réussite de l’académie de Rennes se confirme tous les ans aux différents niveaux du système scolaire.
Elle tient à un investissement important, et historique, des familles dans l’éducation ; et plus largement à une
confiance de la société bretonne dans son École publique. Mais elle tient aussi et surtout au
professionnalisme de toutes les actrices et tous les acteurs, enseignants, personnels administratifs, CPE,
infirmières, COPsy, Assistants sociaux… Toutes et tous ont en commun l’ambition de faire réussir leurs
élèves, tous leurs élèves, et la volonté de faire un beau et un bon travail.

Ce professionnalisme trouve aussi son expression dans la vivacité et la qualité du dialogue social –que vos
prédécesseurs ou les secrétaires généraux successifs n’ont jamais manqué de saluer en découvrant notre
académie, et plus encore en la quittant. Nous ne doutons pas de votre volonté de poursuivre des échanges
cordiaux et constructifs au-delà des divergences inévitables.

Outre l’enseignement du breton, vous avez sans doute déjà pu prendre la mesure des particularités de notre
académie, notamment l’existence d’un réseau privé catholique. La FSU défend avec force que l’école de la
République c’est l’école publique, qui est en capacité de faire vivre l’égalité des droits, en tout premier lieu
l’accès à l’éducation pour tous, car l’école publique est laïque et gratuite.

Rechercher une plus grande mixité sociale dans les classes est pour la FSU un enjeu majeur afin de
permettre à tous les jeunes de grandir et d’apprendre ensemble. L’expérimentation qui débute en Ille et
Vilaine, tout particulièrement sur le bassin de Redon est hélas en tout point scandaleuse, poussant jusqu’à un
point jamais atteint la « complémentarité » des deux réseaux. D’une part, toutes les familles ont l’obligation
de faire un voeu pour le collège privé. D’autre part, l’instruction des dossiers se ferait sur critères des revenus
des familles, le réseau privé pouvant choisir prioritairement ses inscrits. La FSU appelle les directeurs
d’école à ne pas distribuer l’information aux familles, et étudiera toutes les voies de droit pour obtenir
l’annulation de cette circulaire : elle doit être immédiatement retirée.

L’ordre du jour de ce CTA révèle par ailleurs d’autres attaques contre le service public d’éducation puisque
nous avons à traiter des mesures de carte scolaire suite aux fermetures des collèges Kerichen à Brest et
Montaigne à Vannes. Ce sont plus de 30 collègues qui perdent leurs postes. Mais c’est bien tout le Service
Public qui recule, ce qui est particulièrement inquiétant dans un département comme le Morbihan où plus de
la moitié des collégiens est scolarisée dans l’enseignement catholique. A Vannes, la fermeture de Montaigne
ouvre davantage encore la voie à l’enseignement confessionnel.

La dynamique démographique de notre académie est une donnée très positive. Mais avec les nombreuses
suppressions de postes des années 2008-2012, qui n’ont pas été compensées depuis, les conditions de travail
se sont dégradées. À tous les niveaux, les classes n’ont jamais été aussi chargées. Les personnels font face,
mais le système dans son ensemble est aujourd’hui à bout de force. La situation est tendue et la réforme du
collège qui arrive dans ce contexte ne fait qu’aggraver les tensions au sein des établissements. Elle accentue
la pression sur les collègues qui, pour la première fois, vont devoir appliquer 4 nouveaux programmes en
même temps.

Sur bien des sujets, Monsieur le Recteur, vous avez la possibilité d’agir pour améliorer la situation et apaiser
les tensions en suspendant des mesures de carte scolaire, en redonnant les heures manquantes dans les DGH
- en particulier en lycée- , en permettant aux J3 d’être des moments d’échanges constructifs et utiles pour les
collègues.

Le printemps social est là. Les jeunes sont nombreux dans les rues et déterminés à obtenir le retrait de la loi
Travail. Il faut entendre leurs inquiétudes face à une précarité toujours plus grande dans une société
changeante. Parallèlement, les annonces faites par le gouvernement sur le dégel du point d’indice vont dans
le bon sens, mais elles restent insuffisantes pour combler la perte de pouvoir d’achat depuis 6 ans. Si on y
ajoute les conséquences possibles de la loi Travail sur le statut de la fonction publique, toutes les conditions
sont réunies pour que les personnels soient nombreux dans la rue le 31 mars.

Enfin, nous avons évoqué la vivacité du dialogue social dans l’académie. Qu’il nous soit permis aujourd’hui
de souhaiter que celui-ci se renforce encore et que la qualité des échanges que nous pouvions avoir avec le
Secrétaire général sur certains sujets puisse être étendue à toutes les questions intéressant toutes les
catégories de personnels. Nous vous souhaitons M. Jaunin, alors que vous partez dès ce soir rejoindre une
autre académie, une bonne continuation.