16 février 2008

Actualité académique

Compte-rendu de l’audience avec le Recteur sur la situation des TZR

L’audience que l’intersyndicale demandait depuis le mois de novembre 2007 a eu lieu jeudi 7 février à 18h. Nous avons été reçus 2 heures durant par M. le Recteur et M. Vauléon, DRH.

L’intersyndicale a formulé les revendications suivantes :
- Respect des statuts, qualifications et disciplines
- Non à l’imposition de n’importe quelle « activité pédagogique » sous prétexte d’occuper les TZR.
- Pas de sortie de zone sauf accord explicite des collègues et retour aux 16 zones.
- Retour au paiement de l’ISSR sur la base des modalités antérieures et rétablissement des bonifications pour les mutations.
- Réemploi de tous les précaires.

L’accueil a donné le ton... En guise de propos liminaire, le recteur nous a indiqué qu’ « il ne nous donnerait pas de réponse de nature à nous satisfaire. »
Voici pour le reste le détail des réponses, ou non-réponses apportées...

Sur la taille ou le nombre des zones, le recteur a clairement indiqué que s’il était amené à les modifier, ce serait pour les agrandir... Non merci ! Pour l’anecdote, il y a encore quelques semaines, il était prêt à rediscuter sur ce point dans un sens positif, sans doute par manque de connaissance du sujet, puisqu’il a ensuite changé d’avis après avoir pris renseignements auprès d’autres académies. Il a finalement estimé que notre académie n’était pas mal lotie en la matière...

- Sur la question de la distance acceptable entre le domicile et le lieu de travail, il a botté en touche, nous rappelant ses souvenirs d’universitaire... Lui ayant fait remarquer que sa paye était davantage de nature à couvrir de lourds frais de déplacements, il en a convenu sans autre réponse...

- En ce qui concerne les affectations hors-zone, il nous a renvoyés au décret de 1999, et s’est étonné que ses services puissent affecter à des distances excessives. Nous lui avons confirmé que tel était le cas. Il a consenti à revoir certaines situations au cas par cas, il ne faudra pas hésiter !

- Sur les affectations hors-discipline, ses propos ont été les suivants : « On ne peut pas demander à quelqu’un d’enseigner dans une matière dans laquelle il n’est pas compétent. » Nous nous en souviendrons M. le Recteur !... Il n’a pour le reste pas donné d’autre exemple que le français et les mathématiques. Nous lui avons répondu qu’il en était de même pour l’électronique et la technologie en collège ! Affaire à suivre...

- Quant à l’ISSR, il a pris les devants en nous indiquant que les délais de versement étaient inacceptables ! Il va donner des directives pour que le paiement se fasse « dans les plus brefs délais », car « toute peine mérite salaire. » Sur ce dernier point, nous avons justement voulu lui faire entendre que c’est bien de la pénibilité de la mission des TZR dont nous étions venu lui parler, et que, puisque toute peine mérite salaire, les TZR ne sont pas rémunérés à la hauteur de la peine consentie... Pas de réponse...

- Il s’est par ailleurs étonné de nous entendre lui dire que les rapports entre les TZR et les chefs d’établissement se dégradaient et que la circulaire qui rappelle les procédures de suppléance n’était pas respectée. Il a pris fait et cause pour les chefs d’établissement dont nous « devrions comprendre les difficultés »... Il a semblé ne pas comprendre la difficulté pour les TZR d’être contactés chez eux par téléphone, parfois le soir, par les chefs d’établissement de suppléance. Il s’est focalisé sur l’usage du téléphone, signe de notre société moderne, que nous devons accepter comme un progrès. Il ne mesure pas du tout que si le chef d’établissement de rattachement transmet l’information de manière neutre, le chef d’établissement de suppléance, quant à lui, souvent sous la pression des parents, exerce cette même pression sur le TZR. Pour le Recteur, chacun (le TZR comme le chef d’établissement) doit faire un pas et tout est affaire de courtoisie !
Nous lui avons demandé de refaire un document d’information synthétique à destination des TZR et des chefs d’établissement, car force est de constater que la circulaire existante n’est pas lue...

- M. Vauléon est intervenu en fin de séance pour nous donner le résultat de nos négociations en matière de bonifications pour le mouvement intra-académique. C’est sans doute la seule avancée réelle que nous ayons obtenue pour l’instant. Ainsi, quelle que soit leur ancienneté, les TZR auront cette année un barème supérieur à celui qu’ils auraient eu avec l’ancien système de bonification de 20 points par an.
Soit, mais il ne faut pas oublier que les postes se font de plus en plus rares, de sorte que rien ne garantit que ce barème suffise à stabiliser les TZR...

En conclusion, il ressort que cette audience n’est pas à la hauteur de nos revendications et que nous devons poursuivre et amplifier l’action. L’intersyndicale ne s’est pas encore réunie pour décider des formes d’actions à venir.
En tout état de cause, une mobilisation plus large ne peut se faire que sur la seule impulsion des organisations syndicales mais aussi sur la base d’une très large mobilisation des collègues TZR. Comptant sur vos nombreuses contributions, n’hésitez pas à nous contacter !
D’ailleurs au détour d’une discussion, M le Recteur a fait remarquer que l’académie de Rennes était « très réactive. » Pour une fois, donnons-lui raison !

L’intersyndicale