L’ampleur du mouvement dans l’Education Nationale, son caractère unitaire, l’engagement dans la durée de toute la profession et tout particulièrement des jeunes ont contraint le gouvernement à ouvrir des négociations. Cela s’est certes traduit par quelques acquis non négligeables notamment sur la décentralisation et le Conseillers d’orientation Psychologues, mais globalement, le compte n’y est pas.

Sur l’essentiel le 1er Ministre, champion de l’écoute et du dialogue social selon ses dires, ne nous a pas entendus. Pas plus qu’il n’a entendu les intermittents du spectacle, pas plus qu’il n’a entendu les mises en garde des personnels des hôpitaux qui depuis des mois alertent sur les conséquences de la réduction des dépenses de santé et les fermetures de lits, pas plus qu’il n’entend les personnels d’EDF-GDF, pas plus qu’il n’a entendu les millions de manifestants sur la réforme des retraites qu’il a fait passer en force.Cet autisme gouvernemental fait apparaître de plus en plus clairement que la «  mission  » de Raffarin, c’est le désengagement de l’Etat, la réduction des recettes de l’Etat et son corollaire, la diminution des dépenses publiques, et des coupes sombres pour les services publics. L’objectif est clair, c’est de remodeler notre société pour qu’elle réponde aux exigences de la mondialisation capitaliste dans ses formes les plus libérales et les plus brutales. Tout un programme qui va à l’encontre des besoins sociaux, qui remet profondément en cause les principes d’égalité, d’équité et de solidarité fondements de notre société. Ce n’est pas un hasard si sur l’ensemble des dossiers économiques et sociaux, le gouvernement reste « droit dans ses bottes » et ne fait que quelques concessions. Les enjeux sont tels que l’on comprend mieux les difficultés rencontrées et la nécessité de poursuivre l’action, tous ensemble pour gagner.Le gouvernement sait pertinemment que le terrain social de rentrée est miné, d’autant plus miné qu’il n’y a pas eu de trêve pendant l’été : lutte des intermittents, forum sociaux, rassemblement du Larzac, mobilisation pour la libération de José Bové...Le gouvernement tente donc de déminer : un conseil interministériel, des propos lénifiants, l’Education redeviendrait une priorité etc... Nous prend-il pour des demeurés ?La rentrée est dans quelques jours, jugeons sur pièce :
l’augmentation de 4000 porterait à 20000 le nombre d’Assistants d’éducation prévus pour la rentrée. Rapporté aux 5600 MI-SE supprimés, aux 20000 fins de contrats d’aides éducateurs auxquelles on ajoute environ 5000 interruptions de contrats en cours, il manquera 10000 adultes pour encadrer les jeunes dans les établissements de 1er et 2nd degrés. Ajoutons les difficultés de recrutement des assistants d’éducation, 8000 recrutés sur les 20000 attendus, c’est dire la gravité de la situation.le non recours aux listes supplémentaires pour les concours de recrutement dans le second degré se traduira par un déficit de 3000 recrutements ; cela signifie que les recrutements ne couvriront pas les départs à la retraite et que le recours aux précaires va encore s’amplifier. A moins que l’on assiste à une nouvelle réduction des heures d’enseignement, du déjà vu au plus fort de la précédente crise de recrutement.pour 2004, le second degré perdrait 1500 postes redéployés vers le premier degré et conséquence logique, de nombreux emplois de stagiaires seraient supprimés.

La rentrée n’ a donc aucune chance de se passer dans de bonnes conditions . Quant au débat sur l’Education, il risque de se tenir dans un climat tendu si le gouvernement persiste dans sa logique.Propos lénifiants et mesures de rétorsion, nous ne nous laisserons pas intimider. Face aux enjeux, même si la tâche nous semble colossale, nous n’avons d’autre alternative que de poursuivre les mobilisations au risque de voir nous voir imposer une école et une société dont nous ne voulons pas. Les dossiers en cours et ceux à venir comme celui de la réforme de la protection sociale imposent de nouvelles actions dont les formes restent à déterminer ensemble. Les liens tissés avec les salariés des autres secteurs pendant toute l’année scolaire passée sont encourageants et sont autant d’atouts et de points d’appui pour poursuivre et construire les convergences nécessaires pour imposer d’autres choix.Les débats auxquels nous avons participé en 2002-2003 ont tous posé la problématique en terme de choix de société. Le syndicalisme a des responsabilités pour aider à la construction d’un grand mouvement social porteur de revendications et de propositions alternatives.Dans notre secteur, cela implique :
La poursuite dès la rentrée des débats dans nos établissements, sans doute les situations locales nous y aideront et nous y inciteront...

Le renforcement du SNES et de la FSU car sans collectif fort, nous ne pesons pas lourd ; plus il y a de syndiqués, plus la vie démocratique du syndicat est dense, et plus nous sommes en mesure de peser. M.Thatcher avait réussi à affaiblir durablement les syndicats britanniques, ne faisons pas ce plaisir à Raffarin !!!

Pour sa part, le SNES Bretagne, avec la FSU souhaitent intensifier les rencontres dans les établissements, dans les localités ou encore sous forme de stages et de colloques. Vous trouverez le programme en annexe.
Bonne rentrée et n’hésitez pas à faire appel à nous.