30 novembre 2004

Actualité académique

En Grève le 7 décembre : toutes les raisons

En 3 ans, le second degré dans l’académie a perdu 2,7% de ses effectifs et 624 emplois soit 4,4% des moyens. La baisse démographique a bon dos !

Résultats : 40 formations fermées en LP en 2004, combien en 2005 ? des fermetures de collèges envisagées sur le Finistère, la carte des Langues déjà indigente, à nouveau en péril ? les effectifs par classe en augmentation en 2004, où s’arrêteront-ils ? profiteront-ils de la réforme des STT pour encore supprimer des classes ? quid de l’aide individualisée, des groupes, des TPE ?

Combien de mesures de carte scolaire ? Combien de suppressions chez les CPE, les documentalistes, les COPSY, les surveillants ? nouvelles dégradations des conditions de travail ? nouvelle vague de licenciements des non titulaires ?

Une loi qui organise le tri social :

Derrière un discours « soft » et des objectifs que l’on ne peut que partager (objectif de 50% d’accès à l’enseignement supérieur et donc maintien de l’objectif de 80% au niveau bac), Fillon organise le tri social : dès le CE2 les élèves en difficulté n’auront le droit qu’au renforcement des « indispensables » pendant que les autres pratiqueront approfondissements ou diversification...

Une loi qui fixe des objectifs volontairement différents pour chacun.

Au nom de la personnalisation des rythmes d’apprentissage se dessine un parcours à la carte : les enseignements choisis s’accroissent au fur et à mesure du déroulement de la scolarité. A la fin de la 5e un premier pallier permettra d’orienter vers l’apprentissage, l’objectif étant de doubler le nombre d’apprentis. Dès la fin de la 4e, le collégien devra savoir quel bac il vise, s’il fera des études supérieures, longues ou courtes. Il devra choisir ses enseignements en fonction de ce choix, le brevet lui-même sera « coloré ». En seconde, le deuxième enseignement de détermination disparaissant, les possibilités d’orientation se réduisent ; les options facultatives (LVE, LVR, langues anciennes, arts) et les enseignements technologiques sont mis en péril.

Une loi qui aboutit à la discrimination culturelle.

Chacun a bien compris que se concentrer sur les disciplines dites fondamentales dans le socle commun c’est évacuer de la formation commune des disciplines considérées à tort comme secondaires : les arts, l’éducation physique et sportive ...

Une loi qui accroît le pouvoir des chefs d’établissement :

- Le chef d’établissement gérera le remplacement de courte durée : de la veille au soir au lendemain matin il pourra réquisitionner un enseignant qui au pied levé devra remplacer un collègue absent jusqu’à 72HSE par an soit en moyenne 2HSE par semaine. Interdit de refuser ! un Pas de plus vers l’annualisation de nos services et l’augmentation du temps de travail !
- Formation continue à discrétion du chef d’établissement : hors du temps devant élève voire même sur le temps de vacances. Dans quel secteur a-t-on déjà vu les salariés se former sur leur temps de vacances ?
- Les prérogatives du Conseil pédagogique présidé par le chef d’établissement entouré d’enseignants qu’il désignera, limiteront la liberté pédagogique pourtant inscrite dans la loi. Ce conseil, hiérarchie intermédiaire, interviendra sur le terrain des méthodes pédagogiques, la notation et l’évaluation.
- Promotions et affectations : Fillon a bien dit qu’il fallait récompenser les plus méritants. Qu’à cela ne tienne, regardez du côté des nouvelles règles d’accès à la hors classe et du pouvoir des chefs d’établissements et des recteurs. Regardez aussi du côté des APV (affectations prioritaires nécessitant une valorisation particulière). Investissez vous dans le remplacement, la formation continue le dimanche, les activités périphériques... et vous serez méritants ! C’est la fin annoncée des solidarités collectives et l’avènement des stratégies individuelles

Une loi qui organise les inégalités territoriales

Recrutements et première affectation : à la lumière de la situation dans notre académie où chaque année 600 stagiaires entrent à l’IUFM, le recrutement national à affectation régionale se traduira par l’affectation des ces stagiaires dans l’académie et donc le blocage de l’entrée au mouvement inter académique pour les collègues qui souhaitent revenir en Bretagne ou la fermeture de l’IUFM de Bretagne.
Cette mesure est une mauvaise réponse à un vrai problème : l’affectation des néo titulaires dans des établissements difficiles. Mais ne nous y trompons pas, elle permettra dans le cadre de la nouvelle organisation du budget ( LOLF) au recteur de faire des économies sur sa masse salariale. Elle permettra au gouvernement de répondre aux exigences européennes de baisse du coût des services publics.

Exigeons du Ministre qu’il revoie sa copie Le second degré le 7 décembre doit être une étape de mobilisation importante