21 janvier 2006

Actualité académique

Non au démantèlement de la Mission Générale d’Insertion de l’Education Nationale

Face à l’ampleur des atteintes gouvernementales , en particulier à l’égard de la M.G.I.E.N., le Snes-FSU, le Snuep-FSu et le Sgen-CFDT s’associent à nouveau pour dénoncer publiquement la politique actuellement menée.

Depuis leur communiqué commun publié le 1/09/05, et malgré les nombreuses interventions des personnels et de leurs organisations syndicales (A.G., rassemblements, audiences à différents niveaux, pétitions,...), le démantèlement de la Mission d’Insertion, dans les académies, s’est accéléré :

certaines sont aujourd’hui en quasi dépôt de bilan . Le gouvernement et le ministère veulent-il dessaisir l’Education Nationale de sa mission d’insertion ? Veut-on maintenant empêcher toute réinsertion scolaire pour les élèves en difficulté issus des territoires socialement déshérités ?

Nous tenons à alerter l’opinion publique sur le risque à l’égard de la cohésion sociale que fait courir à la société une telle orientation de politique publique.

- Cette mission structurelle, qui incombe pleinement à l’Education Nationale, qui fait partie pleinement de sa mission éducative, concerne l’ensemble des élèves. Elle s’adresse plus particulièrement à ceux qui sont les plus en difficulté, en situation de décrochage scolaire, afin de les aider à acquérir une qualification et favoriser leur insertion sociale et professionnelle

- 700 enseignants et administratifs répartis dans les académies prennent en charge chaque année 80 000 élèves, de 16 à 18 ans, issus souvent de milieux défavorisés. Chaque jeune sans solution de formation ou d’emploi à la rentrée scolaire bénéficie d’un entretien individuel. Il reçoit une proposition personnalisée de réinsertion en formation initiale, scolaire ou professionnelle, ou d’insertion sociale dans un premier emploi, si besoin d’une formation en « Français langue étrangère ». Le développement de la MGI à travers l’accompagnement et la prise en charge de ces élèves diminue le nombre de sorties du système scolaire sans qualification professionnelle, offre des possibilités d’insertion et de formation à des jeunes en grande difficulté : elle contribue par là à renforcer la cohésion sociale.

- Depuis bientôt 3 ans, les moyens consacrés à cette mission ont subi une amputation sans précédent. Les conséquences sont graves.

L’accueil est sensiblement détérioré. : le nombre de jeunes accueillis diminue, alors que les besoins restent importants, le nombre des actions, parfois leur durée, diminue, le nombre d’élèves à prendre en charge par action augmente ;
Des jeunes sont renvoyés directement à leur établissement d’origine, sans prise en charge, sans moyens supplémentaires ni aménagements d’horaires.

La professionnalisation des acteurs de la MGI est remise en cause. Elle avait pourtant été lancée depuis le début des années 2000 avec la mise en place de « référentiels d’activité et de compétences ». La situation des personnels affectés spécifiquement à la MGI s’aggrave : les droits des professeurs (certifiés et PLP) de la spécialité « coordination pédagogique et ingénierie de formation » sont bafoués (notamment le droit à mutation et à promotion). Si les contractuels de 50 ans bénéficient d’un Contrat à Durée Indéterminée (qui ne les protège d’ailleurs pas du licenciement), tous les autres ne seront pas réemployés après 6 ans de services ! Et, à l’issue du plan Sapin, le ministère refuse toute perspective de titularisation des contractuels.

Depuis plusieurs annés, des financements budgétaires ont été gelés, l’Etat s’en est remis à des remboursements des Fonds Européens pour se désengager. De ce fait, et à cause d’une gestion hasardeuse, il a fallu rembourser dans les académies une partie de ces fonds.
Le lancement du dispositif « Borloo » centré sur le « tout apprentissage », et du service national d’insertion de la Défense, la mise en œuvre de la LOLF et de la « fongibilité » des crédits entre chapitres budgétaires sont des menaces supplémentaires.

Face à cette situation, le Snes-FSU , le Snuep-FSU et le Sgen-CFDT exigent dès maintenant :

- le rétablissement par l’État des crédits alloués à la MGI au moins au niveau de ceux de 2002 et la compensation de tous les montant des Fonds Sociaux Européens ;
- un cadre national cohérent qui permette à la MGI de s’inscrire dans un grand service public d’éducation et de Formation Tout au Long de la Vie ;
- des moyens permanents, en budgets spécifiques, en postes (et non pas en « emplois » provisoires) bien identifiés, et en personnels pour toutes les académies à hauteur de leurs besoins ;
- la transparence financière et la concertation dans toutes les académies ;
- la mise en place immédiate de nouvelles procédures de titularisation pour les personnels contractuels ;
- le respect des droits, des conditions de travail et de rémunération de tous les personnels travaillant au sein du service public de la MGI ;
- le retour au financement entièrement par l’Etat de cette mission structurelle du service public de l’Education Nationale

Le Sgen-CFDT, le Snuep et le Snes-FSU appellent ensemble tous les personnels de la MGI à agir le jeudi 26 janvier 2006, dans toutes les académies et tous les personnels de l’Education Nationale à soutenir ces revendications.

- 13 heures
Assemblée générale
section académique du SNES 24 rue Marc Sangnier

- 15 heures
Rassemblement au Rectorat
96 rue d’Antrain à Rennes


Signez et faites signer la pétition ci-dessous

petition MGI