18 janvier 2005

Actualité académique

RENTREE 2005 : budget lolfé , budget étriqué, des conséquences graves pour le service public d’éducation

Notre académie expérimente la LOLF (voir SNES-Bretagne n°63) qui sera appliquée partout dès 2006. Pour préparer la rentrée, le Recteur reçoit du ministère un « budget » organisé en programmes cloisonnés avec une dotation propre à chacun d’entre eux. A l’intérieur de chaque programme, beaucoup de manipulations sont possibles, autorisant toutes les dérives...nous présentons ici les projets de programmes « Second degré » (enseignement, remplacement, ...) et « Vie de l’Elève » (,CPE, MI-SE, ASEN....). L’orientation qui n’apparaît pas dans le budget second degré perd 2 postes de COPSY.

BUDGET ETRIQUE : moins 7500 postes au niveau national, moins 502 postes en Bretagne !

1072 postes en moins en 4 ans !

Depuis la rentrée 2001, 1072 ETP (plus de 7% du potentiel de l’Académie) ont été supprimés.
La baisse démographique de 2001 à 2005 est chiffrée à 3,9%, celle des postes s’établit à environ 7%. Alors qu’il y a en moyenne 1 ETP pour 10 élèves, le rythme des suppressions a été, sur ces 4 années de 1 poste de prof pour 5 élèves : la « démographie » a bon dos !
D’ailleurs, dans un document officiel du Ministère lui-même, on peut lire que l’académie de Rennes est maintenant déficitaire (en 2003 et 2004) en postes par rapport aux besoins d’enseignement ! Ce déficit va encore terriblement s’aggraver avec les 500 postes en moins pour 2005 !

Lycées publics : toujours moins !

Le zèle du rectorat s’est particulièrement exercé sur les lycées : entre les rentrées 2001 et 2005, il n’y pas eu baisse des effectifs, mais quasi-stabilité (en fait 165 élèves en plus !) ; en même temps, ce sont 359 postes qui ont été supprimés ! Résultat, selon les chiffres du Ministère : dans l’académie de Rennes, le « taux de remplissage » des classes est au-dessus de la moyenne nationale et, pour les BTS, nous sommes en tête du classement (2e après Paris) !

Collèges publics : vers les 30 élèves par classe ?

Sur les deux rentrées 2004 et 2005, les collèges vont perdre 347 postes, soit environ 5,6% du potentiel enseignant...alors que dans le même temps, il n’ont perdu que 2,3% de leurs élèves !
Les DGH sont calculées sur la base de 30 élèves en 5e, 4e, 3e et de 28 en 6e !
Les moyens ZEP sont désormais remis en cause. Ce sont des régressions sans précédent qui se préparent !

Carte des formations : le massacre continue !

Au-delà du resserrement des structures (augmentation des effectifs par classe, suppressions de divisions, de dédoublements...etc), les 500 suppressions de postes conduisent à de nouvelles économies sur les formations mises en place.
Le bilan Langues vivantes est largement négatif : si l’offensive engagée sur les STT l’an passé semble se calmer, celle entreprise sur les LV se poursuit.

- Côté ouvertures : LV2 Italien (Dinan, Rennes Ile de France, Bain) et Arabe à Rennes Châteaubriand ; section Européenne Anglais en STT à Lesven-Brest ; LV3 Chinois à Lorient et Langues Orientales à Zola Rennes

- Côté fermetures : 12 LV3 en Allemand et Espagnol (Rabelais Saint-Brieuc, Auray, Ronarch’-Brest, Lamballe, Guer, Brest Harteloire et Iroise, Guingamp, Paimpol) ; suppression de la Section Européenne Allemand et du Latin (grand débutant) à Guingamp.

Derrière ces évolutions, c’est l’avenir de la série L qui est aussi en jeu... à qui le tour après ?

Mais la liste des suppressions ne se limite pas aux LV : STI à Redon et Saint-Brieuc Freyssinet, STT/ACA à Tréguier et Saint-Brieuc Renan, DPECF à Bréquigny.

Une seule ouverture de BTS envisagée : Economie Sociale et Familiale à Paimpol.

Il faut ajouter à tout cela les redistributions de sections entre lycées (Brest, Rennes, Saint-Brieuc), les « typages » d’établissements : l’enjeu étant d’ « optimiser » l’utilisation des moyens d’enseignement au détriment du maillage du territoire en offre de formations.

Enfin les LP, où le Recteur a supprimé à la rentrée 2004 40 sections (pendant que la Région proposait d’ouvrir 20 formations par apprentissage...), sont à nouveau dans le collimateur : le rectorat prévoit environ 17 fermetures en BEP, 4 en CAP, 8 en Bac Pro...pour une seule ouverture en Bac Pro (Carrières Sanitaires et Sociales)...pour la rentrée 2006 ! Sans commentaires !

Quant aux DGH, elles ne seront pas atteintes par l’obésité !

Le Budget de l’établissement, c’est la DGH.
La fameuse chute démographique correspond à environ 5 élèves de moins par collège et 4 par lycée.
Quant aux DGH (dont la ventilation par établissement n’est pas connue au moment d’écrire ces lignes) elles vont accuser des diminutions importantes :
- Collèges : la diminution prévue correspond à une baisse moyenne de près d’un Equivalent Temps Plein, soit environ 18 heures par collège
- Lycées : c’est à une baisse moyenne de l’ordre de 42 heures (plus de 2 ETP) qu’il faut s’attendre !
Des moyens sont repris (TPE, STT), mais les promesses concernant d’éventuels dédoublements supplémentaires en LV ne sont tenues par le Recteur ; par contre les prévisions de structure se font sur la base de classes bourrées au maximum.

L’objectif de Fillon n’est-il pas de nous faire nous étriper entre nous ? par exemple :
- en lycée : des dédoublements ou des classes moins chargées mais au prix de suppression d’heures statutaires comme la première chaire, ou les heures de labo ... c’est-à-dire des dédoublements au prix d’une augmentation du temps de travail.
- en collège : aide au élèves, dédoublements (ce qu’il en reste) contre la suppression des IDD ou contre la suppression d’heures de labo... ; diminution du nombre d’élèves par classe en éjectant des élèves précocement vers l’apprentissage.
Illustration : dans le 22, un des critères de calcul de la DGH prend en compte le nombre de doublants. Au lieu de s’appuyer sur la situation réelle de l’établissement, l’IA impose une valeur moyenne, ( au passage il fait chuter le taux de doublements , objectif du projet académique,), le nombre théorique d’élèves est donc inférieur à la réalité et les besoins moindres. Pour éviter des clases surchargées la tentation sera grande de se délester d’un nombre non négligeable d’élèves en difficulté.