Tous les ans, en janvier, les militants de la section académique du SNES-FSU préparent une publication pour décrypter les conditions de rentrée qui sont présentées dans les instances de dialogue social académique et départementales, le CSA-A et les CSA-SD, et fournir aux collègues des analyses pour comprendre et agir.
Cette année, le retard pris dans l’adoption du budget a conduit à retarder le calendrier, mais vous pourrez trouver dans ce SNES-FSU Bretagne des éclairages sur la répartition des dotations dans l’académie et en mesurer les conséquences dans les établissements.
Alors que l’argument de la baisse démographique est présenté comme une évidence pour justifier les suppressions de postes, il est essentiel de rappeler qu’en 2005 l’académie comptait 157 500 élèves pour 14 800 professeurs et qu’aucune véritable création de postes n’est venue accompagner la hausse démographique des années 2009-2021. Nous avons accueilli 10 000 élèves de plus avec 500 postes en moins. Et maintenant que les effectifs diminuent, il faudrait encore rendre des postes ! C’est inacceptable, en particulier au vu de l’explosion de l’hétérogénéité dans les classes, des élèves en « difficulté d’expression comportementale » (EDEC) et de la charge de l’inclusion sans moyens. Il manque, rien qu’en Bretagne, 1 200 postes pour retrouver les taux d’encadrement d’il y a 20 ans (voir page 4 du SNES Bretagne n°175).
Mais on aurait tort de penser que la politique menée est uniquement dictée par une logique d’économie budgétaire. Depuis 2017, les gouvernements d’Emmanuel Macron cherchent à transformer le système éducatif en renonçant aux objectifs de démocratisation. Toutes les réformes (Bac et lycée Blanquer, Parcoursup, « choc des savoirs »…) n’ont fait qu’aggraver les inégalités, mais l’engagement des personnels a permis d’en atténuer les effets. La volonté du gouvernement est donc de limiter les marges d’action des enseignantes, par des programmes plus prescriptifs, une réforme de la formation initiale qui ramène le recrutement à une maîtrise disciplinaire niveau Bac+2, et des tentatives d’encadrement des pratiques sous couvert d’expérimentations pour lutter contre la difficulté scolaire…
Parce que le SNES-FSU considère lui aussi qu’« il n’y a pas de République sans professeurs », il est déterminé à informer la profession pour construire les mobilisations nécessaires afin de défendre le service public d’éducation.
Rennes, le 12 février 2026
Matthieu Mahéo, secrétaire général du SNES-FSU Bretagne
Édito extrait du SNES Bretagne n°175
