Le Registre Santé et Sécurité au Travail (RSST) est un outil indispensable à la mise en œuvre de la politique académique de prévention, de santé au travail et de protection des personnels. Le rectorat vient pourtant de décider d’en modifier les conditions générale d’utilisation (CGU). Chercherait-on à invisibiliser la souffrance au travail ?
Grâce au travail mené sur le terrain par les militantes de la FSU, les personnels de l’académie ont aujourd’hui pleinement intégré l’utilité du RSST pour faire connaître à l’administration les difficultés liées aux conditions de travail et leurs conséquences sur la santé.
Chaque année, plusieurs milliers de signalements (fiches SST) sont rédigés dans le RSST par toutes les catégories de personnels de notre académie. L’analyse statistique de l’ensemble des fiches SST montre que les risques psychosociaux (RPS) constituent la principale source de souffrance au travail des personnels de l’éducation nationale. Les militantes du SNES-FSU n’ont de cesse d’agir dans les Formations spécialisée en santé et sécurité au travail (F3SCT) départementales et académique afin que l’administration prenne toute la mesure de cette souffrance. Il s’agit de faire du traitement des RPS une priorité du plan annuel de prévention académique : cela passe par l’amélioration des conditions de travail de tous les personnels en accédant aux revendications du SNES-FSU et en assurant dans tous les établissements que l’organisation du travail, dont les cheffes d’établissement et de services sont responsables, permette à tous les personnels mener leurs missions sans crainte pour leur santé physique et psychique.
La réponse de l’administration à ces exigences n’est pas à la hauteur : la récente évolution des conditions générales d’utilisation (CGU) du RSST doit nous alerter. En durcissant les conditions de rédaction des fiches SST, l’administration s’est arrogé le droit de supprimer du registre des signalements qui ne seraient pas conformes aux CGU. Les cheffes d’établissement, récemment formées à l’évolution du RSST sont désormais sommées de signaler toute fiche non-conforme qui pourrait se voir tout simplement effacée, charge ensuite à la personne concernée de rédiger une nouvelle fiche.
Pour le SNES-FSU, la suppression des fiches s’apparente à une volonté de cacher une grande partie de la souffrance au travail, surtout si elle a pour origine un conflit avec la hiérarchie. La modification des CGU hors de tout dialogue avec les représentantes des personnels et un mauvais signal pour le dialogue social. Si l’administration est inquiète du nombre de fiches SST sur les RPS et de leur contenu, elle doit tout faire pour que ce risque disparaisse. Le SNES-FSU, mobilisé pour la santé des personnels, rappelle à l’administration que c’est l’amélioration réelle des conditions de travail et de la reconnaissance du travail des personnels qui permettra de voir le nombre de fiches SST diminuer. Ce serait alors un signe qu’une véritable politique de prévention pensée pour les personnels est mise en œuvre dans notre académie.
Thomas Hardy
Secrétaire à la Formation Spécialisée en matière de Santé, de Sécurité et de Conditions de Travail
Élu FSU, co-secrétaire départemental du SNES-FSU 35
