9 novembre 2017

SECTIONS DEPARTEMENTALES

CTSD DES CÔTES D’ARMOR : DÉCLARATION PRÉALABLE DE LA FSU ET DU SNES 22

CTSD DES CÔTES D'ARMOR : DÉCLARATION PRÉALABLE DE LA FSU ET DU SNES (...)

A l’occasion du Comité Technique Spécial Départemental des Côtes d’Armor réuni le 9 novembre 2018 pour dresser un bilan de la rentrée 2018, le SNES et la FSU 22 ont interrogé et interpellé la Direction Académique dans sa déclaration préalable...

CTSD DU 9 NOVEMBRE 2017 - DÉCLARATION PRÉALABLE DE LA FSU 22

Madame la Directrice des Services Départementaux de l’Education Nationale,
Mesdames et Messieurs les membres du CTSD

Nous tenons en premier lieu à remercier les services de la Direction Académique pour les documents qui nous ont été adressés, et qui nous permettent d’appréhender de manière assez précise la situation de notre département en cette rentrée 2017. Nous continuons de regretter évidemment que ce CTSD de bilan de rentrée se tienne à une date aussi tardive et nous continuons de regretter l’absence de groupes de travail préalables pour le second degré qui auraient permis un véritable échange, car le bilan que vous allez nous présenter traitera à la fois du premier et du second degré, ce qui laissera peu de temps pour des échanges approfondis sur le second degré.

Nous sommes loin des conditions d’un dialogue social approfondi s’appuyant tant sur des constats partagés, que sur la prise en compte concrète des observations, des alertes et des revendications des personnels que nous représentons. Ainsi, nous vous alertons sur la situation des nos collègues du 1er degré confrontés à des restrictions inadmissibles : refus de temps partiel, refus des quotités demandées, notamment le 80%, refus à certaines catégories particulières de personnels (remplaçants, directeurs…), refus de disponibilité, autorisations d’absence parfois accordées sans traitement. Nous demandons que ces situations cessent. De même, dans plusieurs établissements du second degré nous déplorons l’absence d’un dialogue social apaisé auquel s’est substituée une forme de management teintée ici ou là d’autoritarisme. Il y a urgence, Madame la Directrice Académique, à se préoccuper des personnels de plus en plus en situation de souffrance liée à ce nouveau management public, peu enclin au dialogue, qui génère des tensions et des conflits inutiles.

Coïncidence ? Le mandat du président Macron est désormais bien engagé et les réformes annoncées ne laissent plus planer aucun doute sur les priorités du gouvernement : ce ne sont pas les Services publics et leurs agents qui en sont le pivot. En effet, après avoir rogné les droits des salarié-es par les lois travail, les mesures frappent désormais de plein fouet la fonction publique et ses agents : retour du gel du point d’indice, rétablissement de la journée de carence, étalement de certaines mesures PPCR, hausse de la CSG sans amélioration du pouvoir d’achat des fonctionnaires et des retraité-es, en dépit des promesses de campagne du candidat Macron… Cet ensemble de mesures renoue avec une baisse planifiée des rémunérations. Avec la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires sur la durée du mandat et 15 milliards d’économies annoncées, le gouvernement confirme son choix d’une politique d’austérité qui va peser essentiellement sur les catégories sociales les plus modestes, quand des cadeaux fiscaux substantiels pour les plus riches vont creuser encore davantage les inégalités. En 2016, les 10% les plus aisés ont empoché 270 milliards d’euros de cadeaux fiscaux quand les 10% les plus pauvres ont reçu 29 milliards, ainsi que nous l’explique l’Observatoire des inégalités dans son rapport 2017.

Ces mesures d’austérité qui touchent la fonction publique ne sont pas de nature à rendre nos métiers plus attractifs alors qu’ils sont frappés par une crise de recrutement sans précédent dont on perçoit les effets concrets désormais jusque sur nos territoires, avec des difficultés à pourvoir tous les postes de professeurs en SES, en physique-chimie, en technologie ou en espagnol. Cela se traduit par une dégradation de la qualité du service public d’Éducation dont les élèves et leurs familles sont les premières victimes. Cette tendance va hélas s’amplifier avec les annonces par le ministre de suppression de 2600 postes de professeurs stagiaires à la rentrée 2018.

Pourtant, cette rentrée 2017, la première du ministre Blanquer, n’a pas vu les conditions de travail des élèves et des personnels s’améliorer. La priorité affichée pour l’enseignement primaire ne saurait se réduire à un dédoublement en CP en éducation prioritaire, réalisée à moyen constant au détriment d’autres dispositifs utiles ou des autres niveaux. Les effectifs par classes demeurent toujours trop lourds : jusqu’à 35 en lycée, 30 en collège, voire plus quand des élèves sont inclus dans les classes... ce ne sont pas là des conditions propices à la réussite de tous les élèves ! Or, les études -s’il en était besoin- le démontrent : le meilleur levier pour réduire la difficulté et l’échec scolaire, c’est la diminution du nombre d’élèves par division !

Les besoins en personnels demeurent préoccupants dans de nombreux domaines : de la documentation à la santé scolaire en passant par la vie scolaire. La FSU demande avec insistance que soient rétablies les permanences des assistant-es sociales-ux dans tous les LGT. Nous continuons de dénoncer les conditions de travail de nos collègues TZR, contractuels, assistants d’Éducation, ainsi que tous les accompagnants d’élèves en situation de handicap. Les personnels AESH assurent des missions indispensables pour rendre possible la scolarisation d’élèves au profil particulier, des missions de service public qui méritent un véritable statut. Pour le 1er degré, des questions restent en suspens et attendent toujours des réponses : sur le 3e poste de RASED fermé dans le département, sur la situation du poste PsyEN de Plestin les Grèves ou sur les fusions opérées depuis 2015… Nous y reviendrons dans le fil de nos échanges.

La rentrée 2017 s’accompagne aussi de l’assouplissement de la réforme du collège au grand soulagement de nombreux collègues. Le rétablissement d’un certain nombre de dispositifs (classe bilangue, classes européennes…) s’effectue toutefois le plus souvent sans dotation complémentaire. La FSU exige l’ouverture de nouvelles discussions pour une autre réforme du collège et une véritable réflexion sur l’évaluation des élèves.

Alors que la question du travail réel des élèves en dehors de la classe est un vrai sujet qui interroge à la fois les enseignants et les parents d’élèves, on ne peut que désapprouver la précipitation quant à la mise en place du dispositif « devoirs faits ». On peut en effet s’interroger sur l’hétérogénéité des dispositifs retenus dans les collèges, les moyens disponibles et objectifs assignés. Les conditions seront-elles réunies pour un véritable travail personnel des élèves ?

Concernant la réforme annoncée du lycée et du baccalauréat, la FSU exige que les personnels soient réellement consultés car cette réforme aura un impact sur les conditions d’accès à l’enseignement supérieur. La FSU s’oppose à toute sélection déguisée à l’entrée des universités. Rappelons que la crise de l’été 2017 n’est pas une crise d’APB, mais un défaut d’anticipation pour budgétiser les places nécessaires : l’urgence ce sont des places plutôt que le tri !

Le Ministre a tenu à affirmer sa confiance dans les enseignants, il est indispensable que cela se traduise dans les faits. Cela passe par l’écoute et une véritable consultation de la profession, et surtout la revalorisation de nos métiers tant sur le plan salarial que des conditions de travail. L’investissement dans la formation de la jeunesse doit être à la hauteur des enjeux de lutte contre les inégalités sociales et de la nécessaire élévation du niveau de qualification ! Le budget 2018 pour l’Éducation est de ce point de vue un signal préoccupant. La FSU continue de défendre le principe de démocratisation de l’accès aux savoirs et d’une élévation des qualifications de toutes et tous. Cela ne peut se réaliser que par un projet éducatif ambitieux, dont notre pays a plus que jamais besoin pour affronter l’avenir.