Le gouvernement souhaite modifier les formes d’emploi dans la fonction publique en privilégiant le recours au contrat par rapport au concours au prétexte « d’assouplir les contraintes qui pèsent sur les responsables administratifs (au rang desquels les chefs d’établissement), favoriser les mobilités entre privé et public et mieux adapter les recrutements aux besoins sur le terrain ».

Cette politique est en fait déjà en place depuis Sarkozy et accélérée sous Hollande. Ainsi dans le 2nd degré, il y a
14 731 contractuels en 2012-13, puis 33 390 en 2016 (pas tous employés à plein temps).
Cela a pu s’expliquer par la nécessité de faire face à la croissance démographique, au rattrapage des emplois perdus sous Sarkozy (1 départ à la retraite sur 2 non remplacé) et aussi à la crise du recrutement aux concours. Ainsi en 2016-17, lorsque le nombre d’enseignants augmente de 1,1%, la hausse du nombre des non titulaires a été 10 fois plus importante que celle des titulaires (+ 10,2% contre + 0,8%). La proportion des enseignants non titulaires est passée de 6,2% en 2012-13 à 7,5% en 2016-17, et jusqu’à 10% dans certaines académies comme Créteil ou Nantes — chiffres de la DEPP.

Le recrutement sur contrat
pourrait devenir la norme dans la haute fonction publique pour les cadres dirigeants, ce qui à terme modifiera les modes de gestion des personnels et la conception de ce qu’est la fonction publique, ces hauts fonctionnaires naviguant constamment entre privé et public.
Dans l’éducation nationale, les contractuels recrutés sur des contrats plus ou moins précaires et en partie par le chef d’établissement, seront à la merci de la hiérarchie, dans l’impossibilité d’exercer leur liberté pédagogique, voire recrutés délibérément sur critères pour valoriser les conceptions libérales d’éducation développées depuis Darcos et jusqu’aux réformes actuelles. Cela correspond certes à la vision macronienne du monde du travail faite de ’’mobilité’’ et d’incertitude, pas à la nôtre...