Alors que l’année scolaire se termine, l’approche des examens a permis au ministre Édouard Geffray de se lancer dans une séquence de communication autour de la défense de l’orthographe et de la baisse attendue des résultats au DNB et au Bac, avant même que les épreuves aient eu lieu.
Le Ministre Geffray s’inscrit ainsi dans la continuité de Jean-Michel Blanquer ou du choc des savoirs de Gabriel Attal en s’adressant à un électorat vieillissant et conservateur toujours prompt à dénoncer la « baisse du niveau », mais sans jamais s’interroger sur les causes de la difficulté scolaire. Il s’agit là, comme pour la réforme de la formation initiale, d’un changement complet de paradigme : pour la première fois, on assume la volonté de baisser le niveau de qualification, des élèves comme des enseignants. Rappelons en effet que le ministère a fait le choix d’abaisser le niveau de recrutement en plaçant le nouveau concours en fin de L3, mesure inédite, mais non exempte d’arrière-pensées budgétaires. Ce faisant, il cherche à élargir le vivier de recrutement, mais sans répondre à la crise d’attractivité du métier liée aux salaires très faibles des jeunes enseignants et au plafonnement des rémunérations pendant toute la première partie de carrière. Dans un cas comme dans l’autre, le choix est clair, c’est celui d’un système éducatif à deux vitesses qui organise le tri des élèves et conçoit le métier d’enseignant comme celui d’un simple exécutant.
Le SNES-FSU s’élève contre cette conception, qui n’est pas celle des personnels qui se battent pour la réussite de leurs élèves et élaborent au quotidien des stratégies pour les aider et les faire progresser, dans des classes toujours trop chargées.
Dans l’immédiat, la réforme de la formation initiale se met en place dans l’improvisation la plus complète, jamais une préparation de rentrée n’aura été aussi incertaine. Comme les candidates peuvent passer les deux concours (bac+3 et +5) et que leur service sera déterminé par leur niveau de diplôme, le Rectorat doit attendre juillet pour savoir sur quels supports il va pouvoir affecter les stagiaires. Il a donc réservé beaucoup plus de « berceaux » que d’habitude sans aucune visibilité sur les affectations… ce qui aura des conséquences importantes sur la phase d’ajustement.
Le SNES-FSU continuera à accompagner les collègues lors des dernières étapes de la préparation de rentrée. Bel été à toutes et à tous !
Rennes, le 27 mai 2026.
Matthieu Mahéo, secrétaire général du SNES-FSU Bretagne
Extrait du SNES Bretagne n°177, avril-mai-juin 2026
