10 septembre 2019

Sections départementales

La France n’investit pas assez dans l’éducation

Chaque année, l’OCDE publie une étude intitulée « Regards sur l’éducation », sur les dépenses faites dans l’éducation de l’enseignement primaire à l’enseignement supérieur. Les chiffres étudiés ne sont pas flatteurs pour la France.

En premier lieu, le rapport confirme que les salaires des enseignants français sont inférieurs à la moyenne OCDE, notamment dans le 1er degré, et très en dessous des salaires assurés en Allemagne, en Europe du Nord, en Australie et au Canada.
Plus grave encore, du fait du gel du point d’indice, les salaires ont diminué en France en terme de pouvoir d’achat depuis 2005 (alors qu’ils ont augmenté de +7% en moyenne OCDE...). Ainsi en début de carrière un enseignant du 1er degré perçoit (mesuré en $ à parité de pouvoir d’achat) en France 30 872 $ par an, contre 33 058 $ en moyenne OCDE (mais nettement plus en Allemagne-Autriche-Suisse...), un enseignant de lycée perçoit 32 492 $ par an contre 35 859 $ en moyenne OCDE. L’écart se creuse ensuite avec l’ancienneté (sauf pour les agrégés et professeurs de CPGE).

Le coût salarial par élève est inférieur à celui de 2/3 des pays observés, y compris la Grèce ! Il est ainsi dans le 1er degré : de 2 936 $ moyenne OCDE, pour 1 827 $ en France ; dans le 2nd degré : 3 660 $ moyenne OCDE et 2 800 $ en France. Ces chiffres démontrent que la charge de travail des enseignants français est plus lourde, et le nombre d’élèves par classe plus élevé que dans les divers pays comparés. Cela signifie des conditions de travail plus dures pour des rémunérations plus faibles.
Et pour bien s’assurer que les choses ne changeront pas à l’avenir, au-delà de l’annonce démagogique des 300 € par an, le gouvernement s’apprête encore à réduire les dépenses salariales en remplaçant le plus souvent possible les recrutements d’enseignants fonctionnaires par des contractuels.

Autre indicateur : la dépense publique d’éducation dans la richesse nationale tend à baisser avec 5% du PIB, très en dessous des pays de niveau comparable.
Et puisque la France a conservé une natalité relativement élevée, que les effectifs continuent d’augmenter, cela signifie donc que la dépense par élève ou par étudiant est relativement faible, qu’elle a tendance à stagner ou diminuer notamment dans l’enseignement primaire et dans l’enseignement supérieur ( -5% de dépenses par étudiant comparé à +8% dans l’OCDE depuis 2010 ).

Paradoxalement, les travaux de l’OCDE pourtant pourvoyeuse du discours néo libéral, nous donnent des armes pour contester la politique menée. Ils démontrent que c’est bien la réduction des moyens qui est responsable des difficultés actuelles de l’école et que c’est par un investissement important en personnel et en formation qu’on les résoudra.

Patrick Tarroux