27 mars 2026

Sections départementales

Préparation de rentrée 2026 : déclaration préalable de la FSU 22 au CSASD du 27/03/2026

Préparation de rentrée 2026 : déclaration préalable de la FSU 22 au CSASD du (…)

Déclaration préalable de la FSU 22 au CSA-SD - du 27 mars 2026

Monsieur le Directeur Académique, Mesdames et Messieurs les membres du CSA-SD,

Une fois de plus, la rentrée 2026 se prépare avec une enveloppe budgétaire contrainte qui programme des suppressions de postes. Or, cette préparation de rentrée intervient après une alerte sociale lancée par la FSU Bretagne par rapport aux conditions de travail des personnels de l’Éducation nationale dans tous les départements de l’académie. Cette alerte sociale a été suivie d’un mouvement de grève intersyndicale en Ille et Vilaine puis dans notre département le jeudi 5 février pour dénoncer la dégradation des conditions de travail dans les écoles, les collèges et les lycées du département.

La seule réponse du ministère à cette situation : la suppression de 16 ETP dans le premier degré, de 34 ETP en collèges et de 11 ETP en LGT. Certes, les lycées professionnels sont épargnés avec l’injection de 14 ETP supplémentaires liée, en partie, à la prévision de 105 élèves supplémentaires. Les suppressions d’ETP imposées, 31 dans le second degré du département représentent 23,7% de la note académique pour la rentrée, qui est de 131 ETP, alors que la baisse d’effectifs prévue ne représente que 20,4% de celle de l’académie (460 élèves en moins dans les Côtes d’Armor sur les 2250 prévus en Bretagne). Cette année encore, les Côtes d’Armor subissent une ponction en postes plus importante que la part réelle du département dans la baisse démographique.

En clair, cela signifie, en collège, avec 34 ETP en moins pour 456 élèves de moins, la suppression d’un ETP pour 14 élèves de moins et, en LGT, avec 11 ETP en moins pour 109 élèves de moins, la suppression d’un ETP pour 10 élèves de moins. La note reste donc particulièrement salée pour les collèges et les LGT du département.
En postes réels, sans parler, d’après nos remontées, d’une partie des BMP disparus corps et biens (sans doute ceux réservés aux supports stagiaires qui ne nous ont pas été communiqués dans les documents), cela signifie un solde de 13 fermetures de postes en collèges, de 10 en lycées généraux et technologiques et de 2 en lycées professionnels. On a donc un total de 25 postes supprimés dans le second degré public du département. Les suppressions de postes en lycées professionnels interrogent d’autant plus qu’officiellement, comme annoncé en CSASD du 12 mars, 14 ETP supplémentaires seraient injectés dans les DGH.

Les 7 collègues sur postes occupés victimes d’une mesure de carte scolaire vont avoir bien du mal à retrouver un poste fixe près de leur établissement d’origine ou de leur domicile, voire un poste fixe tout court, quand on voit le peu de supports disponibles sur SIAM dans la plupart des disciplines. De plus, le maintien du non-affichage des postes à complément de service sur SIAM reste une très mauvaise surprise faite aux collègues postulant sur ces postes.

Les DGH remontées des établissements montrent des gros BMP (= blocs de moyens provisoires) plus nombreux, des compléments de services plus nombreux, des suppressions de postes évitables générés notamment par un accroissement du ratio des heures supplémentaires par rapport aux heures poste dans les établissements. Ces heures supplémentaires font parfois, par endroit, l’objet d’un chantage à peine voilé sur les dédoublements dans la discipline ou sur la pérennité d’une option pour qu’elles soient acceptées au-delà des 2h imposables.
Tout cela inquiète vivement les collègues et dégrade le climat scolaire.

Comment accompagner, dans ces conditions, l’ensemble des élèves dans leur parcours de réussite scolaire quand statistiquement le nombre de jeunes en situation de mal-être extrême augmente ? Comment lutter contre le décrochage scolaire ? Comment apaiser un climat qui se dégrade dans les établissements scolaires ?
La multiplication des fiches SST témoigne de la souffrance des personnels. Malgré le recours massif aux contractuel-les, les remplacements ne sont que trop rarement assurés, et ce même lorsque des contractuel-les sont disponibles, par souci d’économie. Si la question salariale est déterminante, la question des conditions de travail des collègues et la qualité du service de l’enseignement dû aux élèves l’est tout autant.

Le mépris des personnels est aussi matérialisé par le plafonnement des indemnités journalières des congés maladies à 90% du salaire. Nous continuons à exiger l’annulation de cette mesure.

Nous demandons un plan d’investissement pour l’Éducation Nationale pour annuler toutes les suppressions de postes, toutes les fermetures de classes ou de divisions et abonder les moyens nécessaires pour améliorer les conditions de travail et d’apprentissage. Il est indispensable de garantir, dans le second degré, des dédoublements pérennes hebdomadaires pour toutes les disciplines et tous les niveaux, reconnaître un véritable statut et attribuer un salaire décent aux AESH, des recrutements à hauteur des besoins d’enseignants, de CPE, d’AED, de PSY-EN, d’infirmières scolaires, d’assistantes sociales, de secrétaires et personnels administratifs, de personnels de direction...

C’est pour obtenir l’annulation de toutes les suppressions de postes et un plan d’urgence que notre organisation, en intersyndicale, appelle à la grève et à manifester le mardi 31 mars.

Nous remercions les services pour les documents et le travail fournis pour la préparation de ce CSA-SD.

Merci de votre attention.