29 juin 2020

Actualité académique

Edito : Quelle année étrange avons-nous vécue

Quelle année étrange avons-nous vécue ! Des mobilisations d’une ampleur exceptionnelle sur les retraites, la réforme du bac et un troisième trimestre inédit et si éprouvant.

La combativité de nos professions s’est pleinement exprimée pour dénoncer la casse de nos pensions et défendre l’égalité des élèves devant l’accès aux savoirs et face à l’examen. Cette même volonté de porter au plus haut nos élèves nous a poussé·e s à réinventer nos métiers dans l’urgence du confinement, convaincu·e s des conséquences irréparables d’une rupture prolongée des apprentissages.

La reconnaissance unanime des parents pour saluer notre engagement a sans nul doute embarrassé le ministère,bien plus enclin à dénigrer les personnels pour écarter in fine toute avancée salariale profitable à toutes et tous ou pour déployer un management serré et administrateur capable d’atteindre notre liberté pédagogique. La séquence médiatique du « prof-bashing » a opportunément dévié l’attention quand l’action décousue et irresponsable du ministre depuis mars devenait pesante et aventureuse au point d’exposer les personnels tant aux risques sanitaires que psycho-sociaux pour faire leur travail malgré tout.

Aménagement des programmes, moyens pour des groupes en effectifs réduits, collectif budgétaire et recrutements par les concours externes et internes à démultiplier : le SNES fait des propositions pour une autre rentrée. Faire entendre la voix des personnels est notre objectif pour contrer les transformations de nos métiers à marche forcée que prépare le ministère. Développement dérégulé du distanciel numérique, nouvelles campagnes d’évaluations autant normatives qu’inefficaces, fragilisation des disciplines à travers les 2S2C ou la réforme du lycée : nous ne laisserons pas faire !

Les mutations, avant les promotions l’an prochain, sont désormais en tout point discrétionnaires. Le contrôle parles élu·e s du personnel a en effet été supprimé avec la Loi de Transformation de la Fonction publique. Cette atteinte à la démocratie sociale et à la transparence des actes de l’État vise bien sûr à réduire l’influence des syndicats dans toute la Fonction publique. Pourtant, ce sont bien les personnels qui ont le plus à y perdre, toutes et tous bientôt à la merci d’un avis hiérarchique dissimulé et non opposable pouvant bloquer une carrière. Nous accompagnons actuellement tous les collègues qui formulent un recours.

La FSU a fortement contribué au rassemblement des forces progressistes syndicales et associatives avec le collectif « Plus jamais ça » dont le but est de prolonger et faire fructifier jusque 2022 le sursaut de l’opinion publique en faveur des services publics pour l’éducation, la santé et l’environnement. Dans « ce monde d’après », et en ayant déjà manifesté en juin contre les violences policières et pour un nouvel élan égalitaire, la jeunesse est résolue à faire entendre sa voix : c’est sans nul doute le fruit de notre travail pour la démocratisation des savoirs et l’accompagnement de tous nos élèves vers l’émancipation.

Gwénaël LE PAIH, 28 juin 2020
Secrétaire général du SNES-FSU Bretagne
Enseignant de mathématiques, lycée Anita Conti, Bruz
Représentant élu des personnels au CTA, au CHSCTA
et à la CAPA des certifié·es