Dans des conditions encore plus dégradées qu’en 2025, la rentrée 2026 se prépare avec un retard inédit.
Le SNES-FSU Bretagne vous informe pour pourvoir agir à l’échelle de votre établissement.
Aux premiers jours de février, le budget de l’État n’est toujours pas adopté, ce qui a des conséquences importantes dans un ministère comme le nôtre qui nécessite une anticipation importante pour s’assurer que toutes les classes auront des enseignants en septembre. Nos futurs collègues qui préparent actuellement le concours en fin de L3 restaient même dans l’incertitude sur la tenue des concours… Pour ajouter de la complexité dans une situation qui n’en manque pas, le ministère a présenté, lors du CSAMEN du lundi 26 janvier, une répartition des emplois avec 438 suppressions supplémentaires par rapport aux annonces précédentes. Les interventions du SNES et de la FSU ont permis de réinjecter ces emplois mis en réserve dès maintenant, mais la confusion est renforcée par la communication du ministre, qui met en avant des créations d’emploi de stagiaires avec le double concours, alors qu’en réalité, ce sont 3200 postes d’enseignants qui sont supprimés, dont 1365 dans le second degré.
Le ministère met en avant la baisse démographique, mais il faut rappeler que, depuis 2017, le second degré a gagné 8000 élèves… et perdu 8000 postes. Il manque 15 000 postes pour retrouver les taux d’encadrement que nous connaissions il y a 15 ans, et les élèves ne sont plus les mêmes !
Dans l’académie, ce sont 131 ETP qui sont supprimés. La répartition a été présentée lors du CSA académique présidé par la Rectrice. Le Rectorat a pour la première fois refusé de présenter le bilan du budget précédent, considérant que les opérations étaient « de plus en plus techniques »… Le SNES-FSU a vivement dénoncé cette opacité qui vise à masquer aux représentants des personnels les ajustements académiques qui s’opèrent en cours d’année. La Rectrice a fini par concéder qu’une présentation aurait lieu dans un second temps…
Dans l’immédiat, la rentrée se prépare avec 2245 élèves de moins dans le réseau public (1306 dans le privé) dont -2123 en collège. Le Rectorat a donc fait le choix de supprimer massivement des emplois dans les collèges : -181 ETP sont prélevés, au-delà de la perte de 131 dans le budget académique. En effet, des postes sont créés en ULIS, en UPE2A, en SEGPA et dans les LP. Les lycées regagnent 4 emplois après en avoir perdu 164 sur deux ans, sans réelle baisse d’effectifs, pour financer le « choc des savoirs » en collège.
Ces annonces vont se traduire par des fermetures de classes, en particulier sur le niveau Sixième (-1000 élèves) et surtout une augmentation du nombre d’élèves par classe alors que nous avons déjà les classes les plus chargées d’Europe ! Pour atténuer le « choc de suppressions », le Rectorat a décidé de formaliser une « allocation progressive des moyens » sur la base des IPS. Sur les 260 collèges publics de l’académie, les 48 -hors éducation prioritaire- qui ont des IPS inférieurs à 98 se voient appliquer des « repères de seuils » à 25 pour les 6 plus fragiles et à 28 en Sixième-Cinquième pour les autres. Dans tous les autres établissements, les classes peuvent monter à 30 ou plus !
Le SNES-FSU a dénoncé un véritable « plan social » qui va dégrader encore les conditions de travail et d’apprentissage des élèves, en frappant en premier lieu les plus fragiles dans des classes plus nombreuses et plus hétérogènes.
Les chefs d’établissement doivent recevoir à partir du 2 février leurs DGH. Le Rectorat envisageait initialement une remontée des TRMD autour du 15 février -pendant les congés scolaires !- et des CA reconvoqués en urgence à la veille des vacances. Le SNES-FSU a dénoncé cette procédure accélérée, en particulier dans ce contexte de suppressions massives de postes et obtenu une remontée des TRMD au 3 mars. Cela doit permettre de construire localement les mobilisations indispensables pour obtenir un collectif budgétaire qui revienne sur les suppressions de postes.
Les incertitudes liées à la réforme de la formation initiale rendront des ajustements nécessaires, il est essentiel de montrer que l’éducation doit rester une priorité et ne peut pas supporter un budget d’austérité.
—
Ressource réservée aux adhérentes
La note de budget de rentrée 2026 (établie suite au CSAA du 29/01/2026) et les perspectives démographiques.


