16 décembre 2020

Sections départementales

Report des épreuves du bac : les inspecteurs montent au créneau

Réclamé depuis des semaines par le SNES-FSU, le report des épreuves de spécialités prévu au mois de mars est également demandé par le syndicat des inspecteurs d’académie.

Le syndicat des inspecteurs d’académie (SIA) dresse le même constat que les enseignants et que le SNES-FSU. La période de confinement commencée le 5 novembre, qui permet d’alléger les effectifs en présentiel, a entraîné un retard conséquent en Terminale.

"Un retard accumulé important"

Si pour les lycées qui sont restés dans une organisation essentiellement en présentiel, la question du retard dans le programme ne se pose pas, il en est tout autre dans les lycées qui sont passés à la demi-jauge (demi-groupe ou classe entière à jours alternés). Les inspecteurs constatent que cela a " entraîné un ralentissement des progressions et, plus largement, une dégradation des apprentissages des élèves".
Le SIA ajoute que les enseignements avancent « deux fois moins vite que dans des conditions normales ». En effet, le travail donné en distanciel doit être repris une fois que les élèves reviennent en présentiel pour que l’enseignant s’assure de la compréhension de l’ensemble. De plus, les évaluations prennent également deux fois plus de temps. Prenons l’exemple de l’HGGSP, en temps normal, si l’enseignant décide d’évaluer ses élèves en dissertation, cela lui prend 2h+1h environ de remédiation. Dans le système présentiel-distanciel, cela lui prend donc environ 6h, 3h pour chaque demi-groupe...

Maintenir les épreuves au mois mars reviendrait valider les inégalités d’apprentissage

Si le ministre s’entête à maintenir les épreuves du 15 au 17 mars, les élèves seront évalués inéquitablement. En effet, selon les inspecteurs, du fait du confinement, "de nombreux élèves arriveront en mars insuffisamment préparés". Alors même que le ministre a déjà annoncé l’annulation des épreuves d’EC, qu’attend-il donc pour annoncer le report des épreuves de spécialité ? Qu’attend-il pour proposer des aménagements en Première pour les épreuves de Français ? Souhaite-t-il donc contraindre les élèves à passer malgré tout des épreuves pour lesquels ils ont été insuffisamment préparés ? On est en droit de se poser la question. A l’heure actuelle, le ministre reste sourd. Il a réaffirmé vendredi 11 décembre que " le calendrier est maintenu. Les épreuves communes ont été supprimées, mais pour le moment les épreuves finales de spécialité sont maintenues".

Que demandent le SNES-FSU et le SIA ?
La demande est unanime, il faut reporter les épreuves du mois de mars au mois de juin et annuler purement et simplement le grand oral. Cette demande est relayée depuis déjà plusieurs semaines par le SNES-FSU. La pétition en ligne associant la Conférence des associations de professeurs spécialistes et sept syndicats d’enseignants et de lycéens a déjà recueilli 19 000 signatures. Vous pouvez la signer en cliquant sur ce lien : https://www.change.org/p/jean-miche....
Le calendrier actuel exerce sur les élèves et les enseignants une pression colossale. Il rend impossible la maîtrise de nouveaux programmes trop volumineux surtout dans les conditions actuelles. Le report est donc indispensable pour garantir aux élèves comme aux professeurs la sérénité nécessaire à la préparation des épreuves.