3 février 2026

Sections départementales

Un budget néfaste et sans ambition.

La France plonge, sa puissance économique notamment industrielle recule, la richesse globale produite et le PIB par habitant stagnent, les objectifs environnementaux sont mis au rancart. Les entreprises, qui reçoivent de loin le plus d’aides en Europe, transforment ces aides en dividendes au lieu d’investir et développer les secteurs à haute valeur ajoutée. Les plus riches n’ont jamais autant épargné et accumulé du patrimoine. Les gouvernements depuis 2017 ont choisi cette politique de l’offre sans aucun succès. Le budget 2026 poursuit cet objectif sans perspective d’avenir.

L’éducation nationale est mise à mal, les universités sacrifiées, la recherche déshéritée, la transition écologique et la rénovation énergétique à l’abandon. Dans le même temps, la Macronie adopte les obsessions de l’extrême droite sur la question sécuritaire, l’immigration, la fraude sociale (bien sûr pas la fraude fiscale) et la "dérive fiscale".

Dans le budget 2026 adopté avec le 49.3, les efforts demandés aux plus riches et aux grandes entreprises sont succincts  : pas de refonte sur la fiscalité ni renforcement de la proportionnalité de l’impôt sur le revenu auquel nombre de très riches échappent, pas de rétablissement de l’ISF et surtout pas de "taxe Zucman", même édulcorée. La contribution différentielle sur les hauts revenus (qui prévoie un impôt plancher sur le revenu) est peu efficiente, la taxe sur les holdings ne tient pas compte des actifs professionnels et ne rapportera que 100 millions €. Pour les grandes entreprises, la surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices et la cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE) sont maintenues mais édulcorées. Seule concession : les exonérations sur l’impôt de transmission des entreprises (dit "pacte Dutreil") seront réduites.

En contrepartie, les concessions sociales sont très maigres 
 : - Légère revalorisation des APL (aides au logement), - augmentation de 20% du nombre de rénovations dans le cadre de MaPrimeRénov’, - généralisation du repas étudiant à 1 euro, - augmentation de la prime d’activité pour 3 millions de foyers. Cette dernière mesure exonère les entreprises de faire le moindre effort salarial, d’autant que le SMIC n’est plus augmenté au-delà de l’inflation (le « coup de pouce ») depuis 2012, ce qui maintient l’échelle globale des rémunérations à un niveau bas. Sans compter la stagnation nominale des salaires de la fonction publique qui occasionne un net recul du pouvoir d’achat par rapport à l’inflation.

Presque tous les postes de dépenses sont en recul : cohésion des territoires, culture, investissements économiques et d’infrastructures, aides au développement extérieur, ou en augmentation inférieure à l’inflation et aux besoins : enseignement, universités et recherche, justice et sécurités.
Seuls secteurs en croissance  : la santé (+ 500 millions), les Outre-mer (+ 330 millions), travail et secteur social (+ 800 millions), l’écologie (+ 1,1 Md) et surtout la défense (+ 7 Mds).

Face aux enjeux du futur, encore une fois le gouvernement ne manifeste aucune ambition, aucun courage, aucun souci des plus fragiles. La seule voie syndicale possible, c’est de combattre avec méthode et détermination ces mauvais choix.