Nous siégeons aujourd’hui et ceci pour la dernière fois en CAPA. La loi modifiant le statut général de la Fonction Publique a pour conséquence de supprimer le paritarisme. Ainsi l’Administration pourra prendre toutes décisions concernant les carrières et les mutations de nos collègues, sans un contrôle collectif et syndical qui garantissait la transparence des opérations et l’équité de traitement entre collègues. Malgré cela, le SNES-FSU continuera de défendre et d’informer les collègues sur leurs droits. Nous ne manquerons pas de les inciter à formuler des recours si besoin et nous serons à leurs côtés pour les soutenir dans leurs démarches. Le paritarisme, c’est la concrétisation de la démocratie sociale au sein de l’État, dans une République qui, de par sa constitution, se veut sociale.

La crise sanitaire que nous vivons montre combien le service public, pourtant mis à mal depuis des décennies, est fondamental dans notre société. Les annonces du gouvernement sur une revalorisation par des primes ne peuvent nous satisfaire. Ce ne sont pas des primes ou des médailles, pour quelques-uns seulement, que les agents réclament, ce sont des créations de postes et des revalorisations salariales qui leur permettront d’améliorer leurs conditions de travail et d’exercer sereinement.

Le déconfinement a intensément mobilisé les CPE et les assistants d’éducation, comme les autres personnels : enseignants, agents, personnels administratif. Ici et là des tensions se sont exprimées à force de fatigue, de perte de sens et d’absence de perspectives. Le déconfinement ne peut se faire à marche forcée, il nécessite du temps, une réflexion collective et un respect impératif du protocole sanitaire pour protéger les élèves et les personnels.

La réouverture des collèges et des lycées conduit aussi à une multitude d’organisations pédagogiques parfois surprenantes. La FSU s’inquiète d’une certaine dérégulation qui peut déboucher sur des tensions au sein des établissements scolaires. La crise que traverse le pays doit aussi conduire à penser autrement : ainsi, la FSU exige dès maintenant un retour à la raison avec une autre réforme du bac et du lycée.
Les besoins éducatifs à la rentrée vont être décuplés pour faire face aux difficultés des élèves, en particulier les plus fragiles. A situation exceptionnelle moyens exceptionnels, la FSU réclame un moratoire sur les suppressions de postes et un collectif budgétaire permettant de vraies créations d’emplois dans le service public d’Éducation afin de faire face aux besoins éducatifs ordinaires comme nouveaux. 
Pour en venir à ce qui nous réunit aujourd’hui :

  • L’avancement à la hors classe est un moment très important alors que les personnels voient leurs conditions de travail se dégrader par la non-reconnaissance de leur temps de présence réel, l’augmentation des effectifs et de nombreuses situations de mal-être.
  • l’avancement à la classe exceptionnelle : il aura fallu 30 ans à la hors classe pour devenir un véritable débouché de carrière pour tous. Combien d’années faudra-t-il à la classe exceptionnelle pour devenir elle aussi une réelle perspective de carrière ? Ce grade reste pour l’instant un rêve incertain pour la grande majorité des CPE.

De nombreux collègues exercent avec abnégation et sans démériter tout au long de leur carrière et ne peuvent accéder à cette promotion avant leur départ en retraite. Ces collègues restés sur la touche sont d’autant plus amers que la voie unique pour l’amélioration de leur situation financière est aujourd’hui la promotion puisque les salaires sont gelés.

La prétendue « promotion au mérite » qui inspire le mode d’accès à la classe exceptionnelle montre ici toute sa vacuité quand d’un côté au vivier 1, il y a plus de promotions à distribuer que de personnels éligibles, et que de l’autre au vivier 2, il y a beaucoup d’éligibles et très peu d’élus. Pour le vivier 1, les collègues sont promus sans que l’on ait besoin de comparer leur mérite alors que pour le vivier 2 il est clair que ceux qui n’ont pas démérités ne pourront pas être récompensés…

Le SNES-FSU continuera de lutter contre toute forme de pseudo méritocratie en privilégiant l’ancienneté de service au service de l’État ! Le SNES-FSU assurera également la continuitésyndicale et sera plus que jamais présent aux côtés des collègues afin de défendre tous nos métiers.

Nous souhaitons à nouveau remercier vos services, qui malgré cette période de confinement ont gardé leur disponibilité et leur réactivité en dépit d’une charge de travail toujours accrue.

Les élu·e·s CPE du SNES-FSU