Après un été comme nous n’en avons jamais connu marqué par les canicules à répétition, la rentrée dans l’académie de Rennes présente elle aussi des caractéristiques inédites.
La réforme de la formation initiale et les deux concours (L3 et M2) conduisent à accueillir 40 % de stagiaires en plus alors que la rentrée s’est préparée avec 131 emplois en moins et qu’on a constaté en juin une arrivée importante d’élèves en provenance du réseau privé. En outre, avec le départ cet été de la Rectrice Insel, la direction académique a intégralement changé depuis janvier (secrétaire général, secrétaire général adjoint, rectrice) ce qui complique la situation pour les services, la DPE, et, in fine les établissements et les collègues qui vont devoir accueillir les élèves dans des classes toujours plus chargées malgré la baisse démographique !
Cette rentrée est aussi la dernière du président Macron qui, en dix ans, a multiplié les réformes pour refaçonner un système éducatif plus inégalitaire que jamais et toujours moins couteux. De la réforme du lycée au choc des savoirs en passant par Parcoursup, le modèle est celui de la mise en concurrence des élèves et du tri social. Parallèlement, après les acquis du PPCR (accélération de la carrière, classe exceptionnelle…) arrachés par la FSU sous le mandat de François Hollande, les mandats d’Emmanuel Macron ont conduit à une précarisation accrue des enseignants. Alors que l’inflation a atteint des sommets inédits depuis 30 ans, le gel du point d’indice et la suppression de la GIPA se traduisent par une baisse nette du pouvoir d’achat de l’ensemble des fonctionnaires… quand la politique fiscale a favorisé, sans complexe, les ménages les plus fortunés.
Alors que la campagne présidentielle s’amorce avec une extrême droite sortie renforcée après 10 ans de macronisme, on peut craindre que l’éducation soit victime d’une surenchère de propositions populistes ou démagogiques, avec des attaques que l’ont voit déjà poindre dans des travaux parlementaires sur le temps de travail des enseignants ou la durée des vacances scolaires… sans rapport avec les réels enjeux auxquels les personnels sont confrontés.
Le SNES-FSU est déterminé à faire entendre la voix de la profession dans la période qui s’ouvre. Il continuera à informer les personnels, à porter le projet d’une école pour toutes et tous avec des personnels reconnus et revalorisés, et à construire les mobilisations pour le faire advenir.
Rennes, 17 août 2026
■ Matthieu Mahéo
secrétaire général du SNES-FSU Bretagne
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Extrait du SNES Bretagne n°178 spécial rentrée 2026
