Tout travail mérite salaire !

Cet adage populaire s’applique décidément bien mal à nos métiers ! Avec ses + 300 €, en moyenne, en brut, sur l’année 2020, le Ministre s’est vraiment surpassé ! Plastronner avec des mesures PPCR attendues en 2019 puis gelées jusque 2020 (un gain de 8 à 10 points d’indice en classe normale, qui sera d’ailleurs immédiatement absorbé par la hausse de cotisations retraites en janvier prochain), il fallait y penser ! Préparons-nous, il se félicitera en 2021 du nouvel échelon de hors-classe pour les certifié·es, CPE et PsyEN après l’avoir suspendu pendant un an !

Alors que nos plus jeunes collègues deviennent éligibles à la prime d’activité -leur salaire plafonne à 1,25 SMIC- les certifié·es, CPE et PsyEN n’atteignent eux toujours pas 2 000 € net après 10 ans d’ancienneté… et 5 années d’études ! Quelques semaines seulement après la rentrée, l’épuisement a déjà gagné les salles des profs puisqu’il faut développer toujours plus d’énergie pour faire réussir les élèves dans un contexte qui se dégrade !

Effectifs lourds, multipliés par les situations d’inclusion au collège, nouveaux programmes arides et encyclopédiques au lycée, emplois du temps invivables lorsque les enseignements de première ont été totalement éclatés, même l’OCDE dans un rapport récent estime notre charge de travail supérieure à la moyenne internationale… pour des salaires bien inférieurs !

Revaloriser les débuts de carrière à la hauteur des qualifications, faire accéder toute la profession à la classe exceptionnelle et maintenir les 6 derniers mois de traitements pour le calcul de la pension, tout cela n’a rien d’illusoire si la profession l’exprime haut et fort. L’accès généralisé à la hors-classe pour toutes et tous comme les nouvelles procédures d’évaluation cadrées et sécurisées permettent déjà de limiter le poids des hiérarchies sur le déroulement des carrières.

Allons plus loin car réduire de presque 1 000 euros nos pensions sauf à travailler bien au-delà des 65 ans n’est pas supportable. Cette publication et les encarts sur le contrôle continu, les retraites et les stages syndicaux donnent des clés pour reprendre la main collectivement et pour revendiquer avec
fierté que nos métiers, exigeants et éprouvants au quotidien, sont bien indispensables pour construire la société de demain mais qu’ils doivent être revalorisés aujourd’hui.

Gwénaël Le Paih - Secrétaire général du SNES-FSU Bretagne - Enseignant de mathématiques, lycée A. Conti, Bruz - Élu au CTA et à la CAPA des certifié·es
Martin Georges-Saint-Marc - Responsable du secteur emploi au SNES Bretagne - Enseignant de mathématiques - lycée P. Mendès-France, Rennes - Élu à la CAPA des agrégé·es