C’est devenu commun de harceler en justice les défenseurs de la cause palestinienne, de censurer les interventions qui dénoncent les crimes de guerre à Gaza et en Cisjordanie, d’annuler spectacles ou conférences qui traitent ce sujet. Le gouvernement français maintient une attitude ambiguë, quelques déclarations dénonçant l’extrême droite israélienne au pouvoir, mais nulle condamnation du risque de génocide, aucune décision sérieuse de sanctions, accusation d’antisémitisme et de sympathie islamiste envers les soutiens pro-palestiniens. Le tout dans une indifférence relative de l’opinion face aux souffrances du peuple palestinien.
Un film documentaire, Naza — acronyme de « victimes collatérales » — primé et acclamé à la Mostra de Venise, réalisé par deux journalistes israéliens, produit par The Guardian, vient pourtant porter la preuve de la stratégie de la brutalité appliquée par Tsahal. Le film repose sur les témoignages de 24 responsables de l’armée ou des services de renseignements israéliens. On veut contester l’emploi du terme de « génocide », il est pourtant utilisé par certains des témoins ; on nie la volonté délibérée de tuer des civils, mais ces mêmes témoins avouent le choix de frapper les civils, notamment d’éliminer les familles des chefs du Hamas ciblés — il est plus « opérationnel » de les exécuter à leur domicile que sur le champ de bataille. On tolère ainsi jusqu’à 500 « victimes collatérales » pour une seule cible directe.
Les militaires sont imprégnés de l’idée « qu’il n’y a pas d’innocents à Gaza », qu’éradiquer le Hamas passe par la nécessité de raser l’enclave, « la quantité primant sur la qualité ». Algorithmes, systèmes IA, traque des téléphones sont utilisés pour définir les cibles non pas en épargnant les civils, mais au contraire pour les mêler aux frappes. Snipers, drones téléguidés participent à la traque de civils, particulièrement les adolescents, souvent lors des distributions alimentaires. Certains militaires avouent leur gêne mais sans contester les ordres reçus, l’un d’entre eux évoque un jeu vidéo, d’autres déclarent avoir « kiffé » leurs missions, mettant en avant le sentiment de vengeance.
Après ce film, il est désormais impossible d’être dans le déni des exactions commises, déni de la volonté de broyer un peuple, dans le refus de comprendre la volonté de Netanyahou et les siens de rendre impossible toute paix future.
Il y a quelques années, Nétanyahou définissait le terrorisme : « tuer et attaquer systématiquement des innocents pour satisfaire des buts politiques ». Il a caractérisé lui-même son crime.
Le SNES-FSU rappelle les rassemblements de soutien tous les samedis à 15H, place de la République sous l’égide de l’AFPS (association France-Palestine Solidarité). Il est impératif d’y participer nombreux et nombreuses.
