11 juin 2020

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Déclaration préalable à la CAPA Hors Classe des agrégé·es - Campagne 2020

La CAPA des agrégé·es se réunit ce jeudi 11 juin après la décision gouvernementale de passer à la deuxième phase du déconfinement qui se traduit pour l’académie de Rennes par la réouverture des lycées et par l’accueil progressif des élèves de quatrième et de troisième dans les collèges. Cette réouverture ne peut se faire à marche forcée ; elle nécessite du temps, une réflexion collective et un respect impératif du protocole sanitaire pour protéger les élèves et les personnels alors que ça et là ont émergé des clusters comme dans le Trégor et dans le Mené.

L’accueil des élèves ne doit pas être guidé par des objectifs chiffrés au détriment de la sécurité ! La priorité reste toujours, dans ce contexte épidémique, la santé des élèves et des personnels toujours inquiet·es quant au risque sanitaire que représente le regroupement de plusieurs centaines de personnes dans un même lieu alors que peut se poser légitimement la question de l’intérêt pédagogique d’une reprise tardive dans des conditions très dégradées.

La réouverture des collèges et des lycées conduit aussi à une multitude d’organisations pédagogiques parfois surprenantes. La FSU s’inquiète d’une certaine dérégulation qui peut déboucher sur des tensions au sein des établissements scolaires.

La crise que traverse le pays doit aussi conduire à penser autrement : ainsi, la FSU exige dès maintenant un retour à la raison avec une autre réforme du bac et du lycée. Cette situation difficile ne peut servir de laboratoire à quelque expérience qui pourrait présager des modifications des missions et du métier d’enseignant·e en particulier par le biais de l’enseignement en distanciel, de la téléévaluation et des séances de cours filmées. Non, l’école de demain ne peut être une école à distance !

Les besoins éducatifs à la rentrée vont être décuplés pour faire face aux difficultés des élèves, en particulier les plus fragiles. Les conditions de maintien du lien éducatif depuis mi-mars nécessiteront en septembre des remédiations, des heures d’enseignements, des dispositifs d’accompagnement qui ne peuvent se réaliser qu’avec des moyens humains supplémentaires : à situation exceptionnelle moyens exceptionnels ! La FSU réclame donc un moratoire sur les suppressions de postes et un collectif budgétaire permettant de vraies créations d’emplois dans le service public d’Éducation afin de faire face aux besoins éducatifs ordinaires comme nouveaux.

Enfin rappelons que nous ne pouvons nous résoudre à l’affaiblissement des commissions administratives paritaires avec la mise en œuvre de la loi sur la transformation de la Fonction publique. Les CAP sont pourtant des lieux de contrôle démocratique et d’amélioration des carrières individuelles : la transparence y est la règle, l’arbitraire du mérite y est combattu, les droits des personnels y sont respectés.

C’est avec tous ces éléments à l’esprit que les commissaires paritaires se présentent à ces deux CAPA.

Les notes de service confirment la garantie pour chacun·e d’un accès à la hors classe, acquis majeur obtenu dans le cadre du PPCR. L’instauration du nouveau barème est un gain généralisé pour la profession. Le nombre de collègues à l’échelon 11 diminue d’année en année (–15 % entre 2019 et 2020), les collègues étant inscrit·es au tableau d’avancement de plus en plus tôt dans la carrière.

La FSU revendique une carrière pouvant être parcourue sans obstacle de grade. Les nouveaux déroulés de carrière en classe normale et en hors classe vont dans le bon sens, mais comme pour la hors classe, il est possible de faire de la classe exceptionnelle un débouché de carrière pour tou·tes.

La FSU vous remercie de votre attention.